Artemide et Philippe Rahm, la beauté de l’immatériel

Ils étaient faits pour se rencontrer… Artemide poursuit depuis des années des recherches sur la perception de la lumière ; architecte suisse établi à Paris, Philippe Rahm concentre, lui, son travail sur le bien-être de l’homme… Ensemble, ils ont investi le showroom milanais de l’éditeur pendant la dernière Fiera avec leur Spectral Light, une réflexion sur la lumière, son influence sur notre santé et notre environnement.

Quand la lumière halogène nous éclaire, elle produit aussi une grande quantité de chaleur. Comment retrouver les bienfaits de la lumière du jour sans cette déperdition d’énergie ? Comment recréer le spectre lumineux en l’adaptant au mieux à nos besoins physiologiques ? Philippe Rahm est parti d’un postulat simple : imiter la lumière, c’est analyser ses longueurs d’ondes. À la manière des techniques pointilliste et impressionniste, le travail du designer avec Artemide a consisté à décomposer la lumière naturelle pour mieux la comprendre et ensuite la recomposer.

Comme un cuisinier qui élabore un plat ou un nez qui crée un parfum, l’architecte et l’éditeur de luminaires ont additionné différents « ingrédients » : ils ont choisi des longueurs d’ondes spécifiques et surtout éliminé celles qui ne nous sont pas utiles, voire qui nous sont nuisibles. Mais plutôt que de n’appliquer ces recettes qu’à l’être humain (en veillant par exemple à notre production de mélatonine, hormone qui règle la qualité de notre sommeil et qui n’est sécrétée que lorsque nous ne sommes pas exposés à la lumière), l’idée éminemment écologique qui a piloté ce projet a été de créer une lumière aussi bénéfique pour la photosynthèse des plantes du salon que pour son chien ou son canari. Spectral Light se règle suivant les êtres vivants qu’elle éclaire et ses composantes sont compatibles entre elles.

Un globe de verre, translucide à sa base, assemble en bouquet 36 connecteurs électriques procurant chacun une longueur d’onde. Par addition et synthèse, les couleurs du spectre reconstituent la lumière blanche naturelle du soleil, sans déperdition de chaleur (grâce aux LEDs) et sans ondes négatives pour l’organisme (la fameuse lumière bleue de nos écrans). Forte de ses ambitions philanthropiques, cette décomposition du spectre lumineux n’en est pas moins belle. Et l’exposition au 19 Corso Monforte avait bien quelque chose d’hypnotique.

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