À Milan : chez Luca Preti, gardien du design

En véritable sentinelle, Luca Preti veille sur les pièces iconiques de designers qui garnissent son appartement à la manière d’une galerie.

Les objets semblent d’ailleurs aller et venir selon les goûts et les intuitions du maître de maison. Cette sensation est renforcée par le minimalisme formel qui les entoure : murs blancs, parquet clair, pièces sans porte, rais de lumière diffusés par des néons encastrés. Tout contribue à créer un espace neutre aux frontières à peine définies.

« Quand je trouve des pièces significatives, je les rapporte chez moi pour le simple plaisir de vivre avec : parfois, elles restent, parfois, elles sont seulement de passage. » Luca Preti

Actuellement, les murs mettent à l’honneur les photos oniriques de Paolo Ventura. Une sorte d’exposition temporaire à côté d’un fonds permanent qui aurait pour référence centrale Gio Ponti et son « esthétique concentrée » : le canapé, les fauteuils, certains meubles sont l’œuvre du maître italien. Des carreaux bleus originaux rappellent l’architecture de l’hôtel Parco dei Principi à Sorrente. Dans le couloir, on croise des dessins encadrés : une correspondance illustrée entre Gio Ponti et Piero Fornasetti ou, dans la chambre, une huile sur carton.

Un héritier rebelle
Une telle passion pour le mobilier ne vient pas de nulle part. Luca Preti tient la sienne de son père, fondateur de la boutique milanaise Antichità San Marco, qu’il gère aujourd’hui avec son frère. « Mais mon intérêt pour les pièces contemporaines est né en réaction au fonds paternel constitué de portraits, de chandeliers, de coffres du XIXe… », précise-t-il. Une profusion qu’il entretient à sa façon :

« J’aime jouer avec les objets surréalistes, réunir des éléments différents pour trouver un accord entre eux. Je suis toujours à la recherche de quelque chose qui me touche, qui ne m’ennuie pas : l’objet-sculpture, la pièce unique, particulière, dont la valeur n’est pas encore universellement reconnue. » Luca Preti

Le miroir rond des seventies dessiné par Ico Parisi, une pièce unique ; la lampe des fifties d’Ettore Sottsass et Angelo Lelli pour Arredoluce, « une pièce très rare et très importante qui n’a jamais été mise aux enchères » ; La Diavolessa, l’un des derniers tableaux de Gio Ponti… Bien que galeriste dans l’âme, Luca Preti est avant tout le gardien d’un musée personnel. L’acquisition de ces pièces rarissimes n’est pas le fruit d’un « processus rationnel : l’instinct et la connaissance me guident ». Aussi ne s’en séparera-t-il jamais. Il n’y a pas pour elles d’estimation historique ou commerciale qui tienne. Leur histoire, qui rejoint celle de Luca Preti, est inestimable.

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