Cappellini réédite la Tube Chair de Joe Colombo (1969)

Lors du dernier Salon de Milan, « éditer moins, éditer mieux » semblait être le credo du label de design italien Cappellini, fût-ce sous la forme de la réédition de l’étrange Tube Chair du designer Joe Colombo (1930-1971). Un pari si risqué ?

Parfois, le designer Joe Colombo semble être le « Mon oncle » trop tôt disparu de Marc Newson ou de Matali Crasset. Malgré une carrière plutôt brève (1962-1971), il est recherché aujourd’hui aussi bien par Roche Bobois que par le danois Karakter. Pour Mateo Kries, directeur du Vitra Design Museum et commissaire d’une très belle rétrospective Colombo il y a dix ans, son design participe non seulement de ses idées sur l’homme et son environnement mais aussi de sa personne, un « dandy du design ».

Sa carrière de designer commence vraiment en 1962 quand il ouvre son propre studio de design à Milan avec son frère Gianni Colombo.
Sa carrière de designer commence vraiment en 1962 quand il ouvre son propre studio de design à Milan avec son frère Gianni Colombo. DR

Pourtant, en 1969, quand Colombo met au point la Tube Chair, il ne vise pas les décors des James Bond mais se pose en ingénieur stylé. Car elle est LE modèle du siège modulable : quatre cylindres assemblés pour former soit un fauteuil bas, soit un fauteuil haut – son dossier et son assise étant interchangeables –, aujourd’hui recouverts de cuir ou de tissu noir, blanc, jaune, turquoise ou orange. La Tube Chair a ainsi tout pour plaire. Cappellini propose également le tapis Tube, dont le motif très graphique reprend la silhouette des cylindres du siège.

L’oeuvre d’un ingénieur stylé : LE modèle du siège modulable avec ses quatre cylindres assemblés de sorte à former soit un fauteuil bas, soit un fauteuil haut, le dossier et l’assise étant interchangeables.
L’oeuvre d’un ingénieur stylé : LE modèle du siège modulable avec ses quatre cylindres assemblés de sorte à former soit un fauteuil bas, soit un fauteuil haut, le dossier et l’assise étant interchangeables. DR

Il faut le redire, Joe Colombo n’est pas un styliste. Héritier d’une entreprise de câbles électriques, il est fan de technique à la façon d’un ingénieur. C’est l’appel de la création qui l’a poussé à étudier la peinture et l’architecture. Sa « modernité » le place d’ailleurs dans une longue liste de créateurs remontant au moins à Léonard de Vinci. Elle est un juste un élément, rouage d’un système de vie plus global qu’il a pensé pour l’homme, de la sphère domestique à l’espace urbain.

Innovante d’un point de vue technique, la « Tube Chair » introduit également le concept nouveau d’assemblage par l’utilisateur.
Innovante d’un point de vue technique, la « Tube Chair » introduit également le concept nouveau d’assemblage par l’utilisateur. DR

L’année 1969, chantée par Gainsbourg et Birkin, semble avoir été aussi érotique que féconde pour les desig­ners. Quand Gaetano Pesce « livrait » son fauteuil UP5 en paquet plat comme un carton à pizza, Joe Colombo délivrait les rouleaux de la Tube Chair dans un sac en toile de jute. Un an auparavant, il avait débauché de la Triennale de Milan une jeune étudiante, Ignazia Favata, toujours aux rênes de son studio aujourd’hui. Cinquante-trois de ses créations y sont ­encore éditées : on peut dire que le designer lui a laissé du pain sur la planche !

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