La superstar nippone Takashi Murakami revient chez Perrotin

L’artiste et entrepreneur superstar japonais revient à la Galerie Perrotin pour la douzième fois en vingt ans, avec un nouveau corpus d’œuvres monumentales mais zen.

Il faut arpenter les trois espaces de la Galerie Perrotin pour redécouvrir l’univers de Takashi Murakami. Un univers qui emprunte autant au manga, à l’anime et au kawaï qu’au monde flottant de l’ukiyo-e, l’estampe japonaise traditionnelle : un foisonnement d’images protéiformes entre réel et imaginaire. Avec quarante pièces, pour la plupart inédites, ce retour de Murakami chez Perrotin se révèle comme un événement, paradoxalement plus intimiste que sa faste présence organisée au château de Versailles, en 2010. Parmi les œuvres issues de la dernière exposition de l’artiste au Mori Art Museum de Tokyo, on remarque des acryliques sur toile allégoriques au format tondo (œuvres circulaires de 250 cm de diamètre) et une animatronique : le double robotisé de l’artiste accueillant le visiteur.

Exposition de Takashi Murakami chez Emmanuel Perrotin.
Exposition de Takashi Murakami chez Emmanuel Perrotin. Takashi Murakami / Emmanuel Perrotin

Avec de nouveaux hommages aux portraits de Francis Bacon et Lucian Freud, la richesse de l’art bidimensionnel de Murakami se renouvelle grâce aux toiles de la série « Enso » où le motif du cercle (utilisé dans le bouddhisme zen pour signifier l’infini et l’unité) télescope ses fleurs hilares, devenues célèbres grâce au contrat de treize ans que l’artiste a signé avec Louis Vuitton. Cette poussée « existentialiste » trouvait à Tokyo son salut dans la fresque psychédélique des 500 Arhats, peinte à la suite du tremblement de terre et du tsunami de 2011 au Japon : 500 disciples du Bouddha représentés sous le coup du déchaînement des éléments naturels et dont l’indécence des proportions (32 panneaux occupant l’intégralité d’une pièce sur 100 mètres de long au total) évoque, par un curieux contraste, le calme des Nymphéas de Monet au musée de l’Orangerie.

« Learning the Magic of Painting » à la Galerie Perrotin, 76, rue de Turenne, 75004 Paris. Jusqu’au 23 décembre.
www.perrotin.com

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