La French élégance de Delphine Krakoff à New York

Cette Frenchy interior designer fait valoir son flair et sa connaissance des arts décoratifs au cœur de Big Apple. C’est dans les rénovations de maisons typiquement américaines qu’elle excelle, en leur apportant son expertise de collectionneuse avertie et son goût pour le design contemporain.

Delphine Krakoff et son mari Reed ont une passion commune pour la rénovation de maisons. Pendant leurs onze premières années de mariage, ils en ont transformé pas moins de neuf ! Parmi elles, Lasata, une propriété d’East Hampton, sur l’île de Long Island, surtout connue comme ayant été la maison d’été d’enfance de Jackie Kennedy-Onassis. « Je tombe amoureuse de maisons qui ont besoin d’un petit peu d’attention et d’amour, précise Delphine. On vit quelques années dedans et après, je tombe amoureuse d’une autre… » Le couple prépare d’ailleurs actuellement un ouvrage sur ses différentes résidences.

D’origine française, Delphine Krakoff s’est installée à New York en 1995.
D’origine française, Delphine Krakoff s’est installée à New York en 1995. DR

Ancien président et directeur artistique exécutif de la marque de maroquinerie de luxe Coach, son mari est, depuis 2009, à la tête d’une maison de mode qui porte son nom : Reed Krakoff. Quant à Delphine, c’est une décoratrice à la fois talentueuse et discrète. Fondée en 2000, sa société s’appelle Pamplemousse Design, d’après le surnom que son mari lui a donné. « C’est un mot qui est très mignon… s’il est prononcé avec l’accent américain », rigole-t-elle. Et, malgré son succès, elle n’accepte jamais plus de quatre projets à la fois. « Je ne veux pas avoir à manager une équipe de 20 personnes, insiste-t-elle. Je veux rester designer. C’est ce que j’adore faire. »

Dans la pièce télé d’un penthouse du cœur de la ville, les bergères de T.H. Robsjohn-Gibbings (1905-1976) cohabitent avec une table basse de Gilbert Poillerat (1902-1988) et deux tabourets de Jean-Michel Frank (1895-1941).
Dans la pièce télé d’un penthouse du cœur de la ville, les bergères de T.H. Robsjohn-Gibbings (1905-1976) cohabitent avec une table basse de Gilbert Poillerat (1902-1988) et deux tabourets de Jean-Michel Frank (1895-1941). DR

Parisienne d’origine, fille d’un ancien secrétaire d’État de Jacques Chirac et d’une chargée de mission auprès des artistes à la mairie de Paris, elle garde de sa prime jeunesse le souvenir de rencontres. « Tous les mercredis, se souvient-elle, il y avait des dîners à la maison où se mélangeaient des artistes souvent étrangers et les personnalités les plus brillantes du monde politique ! » Delphine a débuté sa carrière dans le marketing chez Christian Dior, à Paris, avant de déménager à New York, en 1995, où elle a travaillé successivement pour Coach et Ralph Lauren. Elle s’est tournée vers l’architecture d’intérieur lorsqu’un ami lui a demandé de décorer sa maison dans les Hamptons. « Pour une Française, c’était vraiment l’American dream, s’enthousiasme-t-elle. Le fait de pouvoir se réinventer et changer de métier sans avoir fait d’études pour cela. »

Dans une maison de ville du quartier d’East Village, applique « Araignée » à sept bras fixes de Serge Mouille, canapé de Christian Liaigre et table basse vintage.
Dans une maison de ville du quartier d’East Village, applique « Araignée » à sept bras fixes de Serge Mouille, canapé de Christian Liaigre et table basse vintage. DR

Son style se caractérise aujourd’hui par l’utilisation du noir et blanc, des plafonds laqués – « qui donnent de l’élégance et de la hauteur aux pièces » – et des tapis graphiques. Elle aime aussi constituer des collections pour ses clients et mélanger du mobilier d’époques différentes. À Lasata, par exemple, une marquise Louis XVI et des lustres de chez Tiffany & Co. côtoient une table basse de Gae Aulenti de 1965 et une sculpture de Harry Bertoia. Avec Reed, ils sont aussi fans de design contemporain, en particulier des créations de Marc Newson, Ron Arad et Joris Laarman.
Parmi ses projets actuels, Delphine compte un penthouse à Manhattan, un appartement à Miami et une propriété historique à Bedford, dans l’État de New York. Et puis il y a les toutes dernières maisons qu’elle rénove avec son mari : un hôtel particulier de style fédéral dans l’Upper East Side, à Manhattan, et un château à la française à New Canaan (Connecticut), qui a appartenu à l’héritière excentrique Huguette Clark. Mais, où qu’il soit, le cœur de Delphine n’est jamais très loin de la ville d’adoption de cette dernière. « J’adore tout à New York, affirme-t-elle. Je ne pourrai plus jamais imaginer vivre ailleurs. »

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