Le nuancier en folie de Doug Meyer

Reconnaissable entre tous, le style de Doug Meyer se distingue d’abord et toujours par une débauche de couleurs et une liberté exacerbée dans la façon de marier les teintes, du sol au plafond. No limit !

Enfant, le designer new-yorkais Doug Meyer a insisté pour faire peindre sa chambre en rose. « Et quand je dis rose, se souvient-il, c’était complètement rose : les murs, le mobilier… tout ! Je l’ai absolument adorée. » Du moins jusqu’au jour où un ami de son frère a visité la maison et a demandé depuis quand celui-ci avait une sœur ! Heureusement, l’anecdote n’a pas mis fin à son histoire d’amour avec la couleur. « Je suis un fan inconditionnel des teintes vives, déclare Doug. Elles conservent sur moi un incroyable attrait. »

Doug Meyer, assis dans le fauteuil « Lounge » de Warren Platner (Knoll) d’un duplex de Chelsea, à Manhattan, revu par ses soins.
Doug Meyer, assis dans le fauteuil « Lounge » de Warren Platner (Knoll) d’un duplex de Chelsea, à Manhattan, revu par ses soins. Mark Roskams - Tripod Agency

Une passion qu’il répercute bien évidemment dans ses projets, à l’impact fort. « Une décoration réussie vous stimule sur le plan visuel », remarque-t-il. C’est indiscutablement le cas avec les intérieurs qu’il crée. Prenez, à Manhattan, l’appartement imaginé pour la créatrice de mode Sylvia Heisel, dans lequel Doug Meyer a enveloppé la chambre principale d’une toile blanche recouverte de méandres peints en noir exécutés à la façon d’un Jackson Pollock ; il y a aussi appliqué sur les murs du salon quelque 2,2 km de ruban adhésif noir pour créer un motif de croisillons, très géométrique celui-là, étourdissant.

Au mur de la chambre verte d’un duplex de Chelsea, photos de Katherine Wolkoff. Commode de Raymond Loewy. Tête de lit et couvre-lit de Doug et Gene Meyer.
Au mur de la chambre verte d’un duplex de Chelsea, photos de Katherine Wolkoff. Commode de Raymond Loewy. Tête de lit et couvre-lit de Doug et Gene Meyer. Mark Roskams - Tripod Agency

Sa propre demeure, dans un immeuble de Chelsea, à Manhattan, est tout aussi époustouflante. Le séjour y est décoré avec des rayures de treize couleurs différentes ! Né dans le Kentucky, en 1961, Doug Meyer a grandi dans une maison moderniste garnie d’un sol en granito blanc. Sa mère ressemblait à la comédienne Candice Bergen, son père dirigeait une fabrique de chapeaux. Ce dernier était aussi amateur de golf et se rendait à son club habillé d’un pull fuchsia et d’un pantalon en velours côtelé vert citron. L’attrait pour les couleurs flashy est-il inscrit dans les gènes familiaux ?

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