Les mosaïques en spray de Javier de Riba

Artiste et designer, le créateur catalan Javier de Riba réalise des mosaïques au pochoir sur les sols de lieux abandonnés afin de nous inviter à en redécouvrir l'histoire et la poésie.

Anciennement directeur artistique de diverses agences et studios créatifs, Javier de Riba travaille aujourd’hui au sein du collectif Reskate Arts and Crafts en cherchant à développer des projets graphiques centrés sur l’humain et la durabilité.

« Chaque carreau est identique mais leur répétition génère des formes nouvelles nées des intersections et jointures entre chacun d’entre eux », explique Javier de Riba.
« Chaque carreau est identique mais leur répétition génère des formes nouvelles nées des intersections et jointures entre chacun d’entre eux », explique Javier de Riba. Courtesy of Javier de Riba

En Catalogne, la fin du XIXe siècle rime avec mosaïque. Les usines hydrauliques où sont fabriqué les carreaux décoratifs, aussi appelés trencadis, fleurissent aux alentours de Barcelone et de nombreuses maisons bâties à cette époque s’habillent de ces revêtements gracieux. On pense évidement au parc Güell d’Antoni Gaudí dans lequel les mosaïques sont légions et constituent, encore aujourd’hui, la principale source d’inspiration de Javier de Riba, natif de la capitale catalane.

Fresque réalisée dans un hôtel abandonné de Tenerife.
Fresque réalisée dans un hôtel abandonné de Tenerife. Courtesy of Javier de Riba

Baptisé Floors, le projet est logiquement nommé en référence à l’utilisation des sols en tant que toiles mais aussi au terme catalan « flors » signifiant fleur. Car, comme l’artiste se plaît à le rappeler, là ou les sols sont délaissés, « des fleurs finissent généralement par apparaître ».

L’artiste conçoit ses fresques comme « un témoignage de l’ancienne vie » de ces lieux abandonnés.
L’artiste conçoit ses fresques comme « un témoignage de l’ancienne vie » de ces lieux abandonnés. Courtesy of Javier de Riba

Après de longs repérages, Javier de Riba applique au pochoir, sur des sols grisâtres et uniformes, des motifs inspirés par les mosaïques de son enfance.

En spray ou au rouleau, toutes ses fresques sont réalisées à la peinture.
En spray ou au rouleau, toutes ses fresques sont réalisées à la peinture. Courtesy of Javier de Riba

A Sao Miguel, une île des Açores, il réalise une fresque magistrale dans l’allée centrale du Monte Palace dont seul subsiste le squelette de béton. Cet hôtel cinq étoiles ouvert en 1989, a en effet été abandonné dès l’année suivante car disproportionné et non rentable.

Maria Sofia Meirelles alias Minuskula, membre du collectif Reskate Arts and Crafts, a également participé à la fresque.
Maria Sofia Meirelles alias Minuskula, membre du collectif Reskate Arts and Crafts, a également participé à la fresque. Courtesy of Javier de Riba

Les motifs de la fresque s’inspirent de l’Isatis Tinctoria. Une fleur produite du XVe au XVIIe siècle pour l’industrie du textile et dont les cultures ont occupé près d’un tiers du territoire de Sao Miguel avant d’en disparaître subitement car moins chère à importer.

Le jaune employé pour la fresque est une référence à l’Isatis Tinctoria, fleur emblématique de l’île de Sao Miguel.
Le jaune employé pour la fresque est une référence à l’Isatis Tinctoria, fleur emblématique de l’île de Sao Miguel. Courtesy of Javier de Riba

« Dernier champ d’Isatis Tinctoria de l’île », la fresque inscrite au centre de l’atrium démesuré du Monte Palace devient un manifeste contre la spéculation, qu’elle soit immobilière ou agricole, récente ou historique.

Les mosaïques du Catalan redonnent vie aux lieux en déshérence.
Les mosaïques du Catalan redonnent vie aux lieux en déshérence. Courtesy of Javier de Riba

Chaque œuvre pousse Javier de Riba à expérimenter de nouveaux procédés. Son intérêt pour les motifs géométriques se poursuit par exemple à travers l’application de vernis sur d’anciennes portes ou des supports en bois créés pour l’occasion.

 

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