Los Angeles : l'envers du décor, au MAC Lyon

Révéler le côté obscur de la cité californienne : tel est le propos de « Los Angeles, une fiction », qui s’installe au MAC Lyon pour quatre mois. Réunissant des artistes qui ont en commun de vivre et travailler dans la ville, l’exposition mélange les générations et les genres, visuels et textuels, pour les faire dialoguer et questionner le mythe.

L os Angeles, les palmiers, les surfeurs, les stars du Walk of Fame, le smog… Deuxième agglomération des États-Unis par sa population après New York, la cité des Anges est devenue un mythe. Elle génère une kyrielle de fantasmes souvent véhiculés par des artistes tels que David Hockney, qui, en 1967 avec A Bigger Splash, donne à jamais une image indolente à la ville californienne en immortalisant ses piscines.

Cinquante ans plus tard, des spécialistes internationaux, parmi lesquels Hans Ulrich Obrist, le directeur artistique des Serpentine Galleries de Londres, ont décidé de gratter sous le glamour pour révéler la réalité de cette mégalopole. Ils ont donc sélectionné trente-quatre plasticiens dont les travaux pulvérisent l’esprit « côte Ouest ». Pionniers du minimalisme ou du conceptualisme et francs-tireurs de la jeune garde évoquent la violence, le racisme, la pauvreté… Des peintures de Brian Calvin – des portraits aux yeux exorbités semblant ne refléter que le vide d’une existence sans relief – aux photographies de la militante LGBT Catherine Opie, en passant par les vidéos de Ryan Trecartin et Lizzie Fitch, tandem qui s’attache à dénoncer un quotidien déshumanisé, ou par les détournements photographiques de John Baldessari, cette exposition transcende les générations, les communautés et les médiums.

Marjorie Cameron (Scarlet Woman) dans « Inauguration of the Pleasure Dome » (1954-1978), de Kenneth Anger, vidéo couleur et son, durée : 37’14’’.
Marjorie Cameron (Scarlet Woman) dans « Inauguration of the Pleasure Dome » (1954-1978), de Kenneth Anger, vidéo couleur et son, durée : 37’14’’. A. Mole - Courtesy of the artist

Elle offre également une occasion unique de voir des œuvres inédites : pas moins de cinq pièces de Charles Ray notamment, sculpteur qui doit sa réputation en France à son Garçon à la grenouille (statue qui faisait le guet à l’entrée du Grand Canal, devant le palazzo Grassi, le musée vénitien de François Pinault, et qui a suscité de vives polémiques), seront présentées à Lyon. Regroupés dans un livre publié spécialement pour l’exposition, les extraits de textes de quatre-vingt-quatre écrivains aussi emblématiques que Bret Easton Ellis, Joan Didion, James Ellroy ou Thomas Pynchon accompagnent cette vision de Los Angeles. Une vision symbolisée à merveille par la toile au format cinémascope d’Ed Ruscha The Back of Hollywood, qui représente un coucher de soleil idyllique ­illuminant le célèbre logo, en contrejour et à l’envers.

« Los Angeles, une fiction ». Au musée d’Art contemporain de Lyon, du 8 mars au 9 juillet.

The Good Spots Destination Lyon

The good concept store La sélection IDEAT