Les fétiches vivants de Namsa Leuba

La photographe suisso-guinéenne présente à la galerie In Camera, à l’occasion du Mois de la photo du Grand Paris, un ensemble de portraits hauts en couleur dans lequel elle poursuit une exploration de son double héritage.

Diplômée de la prestigieuse École cantonale d’art de Lausanne (ECAL) non sans avoir suivi une résidence à la School of Visual Arts de New York, Namsa Leuba travaille sur l’identité africaine depuis cinq ans. De mère guinéenne et de père suisse, si son mode de pensée et ses codes esthétiques sont ceux d’une Occidentale, elle accorde la même valeur à ses deux cultures. Elle se sent en effet proche de l’Afrique et le prouve à travers deux séries qui se répondent, dominées par des pointes de couleurs franches.

« Statuette Vili, Fanta, Guinée », série « Ya Kala Ben » de Namsa Leuba (2011).
« Statuette Vili, Fanta, Guinée », série « Ya Kala Ben » de Namsa Leuba (2011). Namsa Leuba

« Ya Kala Ben » (« regard croisé » en dialecte malinké), une première série ­réalisée lors d’un voyage en Guinée-Conakry en 2011, évoque des rituels lors desquels les statuettes habituellement utilisées sont ici remplacées par des modèles vivants. Enfant, Namsa Leuba allait voir des marabouts lors de voyages dans sa famille natale avec ses parents. L’animisme lui est alors apparu comme une composante forte de la culture guinéenne, fondée sur le respect des êtres et de la nature. En assistant pendant des mois à de nombreux rites et cérémonies, elle a approfondi ses notions sur ce monde parallèle qu’elle a décidé de recontextualiser. En mettant en scène des figures humaines, elle désacralise ces rituels et recrée un dispositif plus proche des esthétiques et goûts occidentaux.

« Qkhwini », série « The Kingdom of Mountains », de Namsa Leuba (2014).
« Qkhwini », série « The Kingdom of Mountains », de Namsa Leuba (2014). Namsa Leuba

Avec la série « The Kingdom of Mountains », réalisée en 2014, la photographe poursuit son exploration auprès d’une nouvelle tribu rencontrée au Lesotho. Namsa Leuba y compose des assemblages de formes, de couleurs, d’objets et de vêtements anachroniques dans des lieux non identifiables. C’est une autre vision de la cosmologie africaine qu’elle donne à voir, où l’imaginaire est roi et où les fétiches traditionnels ainsi transformés dévoilent leur part d’humanité.

Galerie In Camera. 21, rue Las Cases, 75007 Paris. Tél. : 01 47 05 51 77.
www.namsaleuba.com

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