West is the Best : 20 créateurs français déclarent leur amour du surf !

Après le récit de ses rencontres californiennes, le designer Joran Briand livre avec le deuxième opus de « West is the Best » un ouvrage captivant entre carnet de voyage et recueil d'entretiens, sur les créatifs amoureux du surf et la façon dont ils concilient leur passion et leur vie professionnelle. Une grande bouffée d'air frais !

Joran Briand s’est longtemps posé une question cruciale : comment concilier sa passion folle de l’océan et son travail à Paris, loin des vagues ? Objet littéraire inclassable, West is the Best (éditions Room Number) s’impose comme une réponse où se mêlent les voix de différents créatifs fans de surf. Après un opus consacré à la Californie, c’est à la côte française que le second volume est dédié, rythmé par les évocations de 20 personnalités hexagonales.

La belle couverture dessinée par Joran Briand, une reprise graphique des circonvolutions de l’océan.
La belle couverture dessinée par Joran Briand, une reprise graphique des circonvolutions de l’océan. Studio Joran Briand
Deux pages prises au hasard dans West is the Best. Celles-ci sont dédiées au designer Antoine Boudin qui dessine entre autres des bateaux et des planches de surf dans son atelier de Hyères.
Deux pages prises au hasard dans West is the Best. Celles-ci sont dédiées au designer Antoine Boudin qui dessine entre autres des bateaux et des planches de surf dans son atelier de Hyères. Joran Briand

Le graphisme bleu intense de la couverture figurant les mouvements de la mer plonge instantanément le lecteur dans l’ambiance… En guise de préambule, une phrase donne le ton : « Surfer est la manière la plus élégante de rater sa vie. » Le surf, pour Joran Briand, est donc un art de vivre, une « bouffée d’iode pour tenir le coup ». Sa muse est la vague, toujours présente sous une forme stylisée dans ses créations. On la retrouve par exemple dans la résille ondulante de la façade du Mucem à Marseille et dans les variations infinies de ses motifs aquatiques.

L’ingénieur et aventurier Corentin de Chatelperron, fondateur de l’association Gold of Bengal qui promeut l’utilisation de la fibre de jute. La planche Surf Splash de Joran Briand reprend ce matériau écologique.
L’ingénieur et aventurier Corentin de Chatelperron, fondateur de l’association Gold of Bengal qui promeut l’utilisation de la fibre de jute. La planche Surf Splash de Joran Briand reprend ce matériau écologique. Joran Briand

Deux ans après la côte ouest américaine, le designer est parti à la rencontre de fans de surf, en Bretagne, en Vendée, sur la côte basque mais aussi sur le littoral méditerranéen. Le résultat de cette enquête au long cours s’admire dans les pages de ce livre où se succèdent les témoignages de nombreux artistes. Les frères Bouroullec racontent ainsi leur apprentissage du surf pendant leur adolescence en Bretagne ; le danseur étoile Jérémie Bélingard évoque l’exigence imposée par un sport qui demande le même engagement du corps que la danse… On passe ensuite du musicien Sacha Got (du groupe La Femme) à l’illustratrice Valentine Reinhardt, en passant par des plasticiens, un poète, des photographes et même un boulanger ! Christophe Vasseur éteint son fournil chaque week-end pour aller glisser sur les vagues… Tous expriment l’océan à leur manière et ont su convertir les sensations que procure le surf en inspiration créatrice.

L’artiste Edgar Flaw a grandi à Brest et crée aujourd’hui des objets flottants dans une réinterprétation poétique de la planche de surf.
L’artiste Edgar Flaw a grandi à Brest et crée aujourd’hui des objets flottants dans une réinterprétation poétique de la planche de surf. Joran Briand
Au cœur de l’ouvrage, le texte Paradis Perdu de Charles Flamand exprime la souffrance que peut représenter l’exil à Paris et la libération permise par le surf. Illustré par des dessins de Joran Briand, ce texte poétique résonne comme un manifeste de l’esprit West is the Best.
Au cœur de l’ouvrage, le texte Paradis Perdu de Charles Flamand exprime la souffrance que peut représenter l’exil à Paris et la libération permise par le surf. Illustré par des dessins de Joran Briand, ce texte poétique résonne comme un manifeste de l’esprit West is the Best. Studio Joran Briand

L’esprit du surf semble imprégner tout le livre, de la forme au contenu. Des photos et des images éparses illustrent les textes dans une mise en page libre et spontanée. L’aventure West is the Best a aussi fait l’objet d’une exposition et d’un documentaire en 2016. Emporté par sa poétique conquête de l’ouest, Joran Briand a prévu un voyage tous les deux ans, avec toujours un livre à la clef. La destination 2018 pourrait être l’Asie… Cependant, l’année prochaine, le designer a (enfin !) prévu d’installer une partie de son studio dans le golfe du Morbihan. Suspense !

West is the best de Joran Briand, 29 €. A acheter en ligne ici

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