Les petits secrets de La Maison Pierre Yovanovitch

Affable et généreux, Pierre Yovanovitch est un homme pressé qui a la délicatesse d'accorder un temps précieux à tous ses visiteurs. Une délicatesse et une écoute qu'il met au service de ses projets depuis seize ans et qu'il a matérialisées dans La Maison Pierre Yovanovitch, où il vient d'installer son agence d'architecture d'intérieur, au cœur du IIe arrondissement parisien.

Lorsque son agence parisienne est devenue trop petite, Pierre Yovanovitch (@pierre.yovanovitch) a investi un hôtel particulier (en très mauvais état…) du XVIIIe siècle dans le Sentier. « J’avais besoin d’un endroit de partage avec mes collaborateurs et mes futurs clients, un lieu de rencontres où l’on ne se sente pas comme dans un bureau. Un endroit qui incarne mon style, que je qualifierais de chaleureux, un peu intello, pas forcément très bien rangé… mais chic ! J’ai refusé de m’installer dans un appartement – trop bourgeois ! – au profit d’une maison, plus chaleureuse. J’y propose ce style français qui plaît aux étrangers, nombreux à me solliciter. Ici, ils peuvent se projeter dans mon univers, se familiariser avec des matériaux dans notre matériauthèque, déjeuner dans la salle à manger… », déroule l’architecte d’intérieur.

Bois massif, pierre du Zimbabwe, travertin, pierre de lave, céramique, métal, béton… composent la très riche matériauthèque de la Maison Pierre Yovanovitch.
Bois massif, pierre du Zimbabwe, travertin, pierre de lave, céramique, métal, béton… composent la très riche matériauthèque de la Maison Pierre Yovanovitch. Nicolas Krief

Le sens de l’hospitalité de Pierre Yovanovitch se double d’un sens de l’art aiguisé puisque l’hôtel particulier est parsemé d’œuvres signées Tadashi Kawamata, Richard Nonas, Erwin Wurm ou Georg Baselitz. « Baselitz est un artiste majeur, l’un des derniers Mohicans dont je possède un grand tableau dans mon bureau. L’art est très important dans les projets d’architecture, il fait vivre les lieux. J’ai une clientèle de collectionneurs qui ont vu mes projets d’aménagement ou de scénographies dans des musées, des galeries (il a notamment pensé le dernier espace de Kamel Mennour, NDLR) et qui comprennent que je suis habitué aux projets qui intègrent de l’art », justifie Pierre Yovanovitch pour qui c’est un élément primordial du style français.

Dans le salon d’attente aux murs recouverts de travertin, banquette suspendue dessinée par Pierre Yovanovitch et fabriquée par les Ateliers Jouffre.
Dans le salon d’attente aux murs recouverts de travertin, banquette suspendue dessinée par Pierre Yovanovitch et fabriquée par les Ateliers Jouffre. Nicolas Krieff

« Le ton français, ce sont des projets très architecturaux, très riches. J’aime insuffler le goût des collections à mes clients, j’essaie de commissionner des artistes, de leur faire faire des œuvres in situ. » Une culture artistique qui irrigue d’ailleurs toute son équipe : « Être cultivé, cela permet de nourrir la créativité. J’embauche les gens à la suite de discussions très ouvertes sur l’art et la société. J’aime les gens singuliers, curieux, qui vont voir des expositions, qui voyagent… »

Dans ses locaux, Pierre Yovanovitch mêle meubles vintage et créations contemporaines. Ici, des fauteuils en pin d’Axel Einar Hjorth, une suspension M2 de Joseph-André Motte, et une lampe sur pied Camel de Josef Frank voisinent avec le canapé dessiné par Pierre Yovanovitch recouvert d’un lin tissé main (Sam Kasten).
Dans ses locaux, Pierre Yovanovitch mêle meubles vintage et créations contemporaines. Ici, des fauteuils en pin d’Axel Einar Hjorth, une suspension M2 de Joseph-André Motte, et une lampe sur pied Camel de Josef Frank voisinent avec le canapé dessiné par Pierre Yovanovitch recouvert d’un lin tissé main (Sam Kasten). Nicolas Krief

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