La photo convoque le monde entier à Arles

Pour leur 48e édition (du 3 juillet au 24 septembre), les Rencontres d’Arles, orchestrées par Sam Stourdzé, poursuivent leur exploration du monde local et global. De l’offre, pléthorique, nous avons extrait l'un des temps forts : l’expérience du territoire.

Un maître de la couleur
Il est le photographe de la rue, amoureux de la ville et de son rythme effréné. Mais c’est surtout l’un des grands maîtres de la photo couleur. Né en 1938, à New York, Joel Meyerowitz débute dans les années 60 après une rencontre décisive avec Robert Frank. Pendant une dizaine d’années, il utilise essentiellement le noir et blanc. Puis il aborde la couleur dans les années 70. Foules, enseignes et commerces dans les rues de New York le grisent. On prend un réel plaisir à revoir les tirages de ses débuts, présentés pour la première fois en France. Et l’on comprend alors plus que jamais pourquoi son œuvre continue d’inspirer toute une jeune génération de photographes.
« Joel Meyerowitz : Early Works ».
Salle Henri-Comte, 28 rue de l’Hôtel-de-Ville.

Couple au manteau camel sur Street Steam, New York, 1975, Joel Meyerowitz.
Couple au manteau camel sur Street Steam, New York, 1975, Joel Meyerowitz. Joel Meyerowitz-Howard Greenberg Gallery


Une chambre sur l’Est

Pour sa nouvelle série, la photographe d’origine espagnole Marie Bovo a installé une chambre photographique dans des trains parcourant l’Europe orientale et la Russie. À chaque arrêt et sur l’étroite plateforme du wagon, elle a immortalisé une Europe marquée par le communisme et le postcommunisme. Avec le commissaire et directeur du FRAC PACA, Pascal Neveux, ils ont imaginé un accrochage très respectueux du cœur de la chapelle des Trinitaires avec l’envie d’exposer les images inédites sous forme de retables et de polyptyques. Pour prolonger le voyage, on ira découvrir, dans le cadre de Grand Arles Express, La Voie lactée, au FRAC, à Marseille, une vidéo de Marie Bovo.
« Marie Bovo / CTAHCbl / Stances ».
Église des Trinitaires, 40 rue de la République.

Стансы – Петяярв (Stance – Petiajarvi), 2017.
Стансы – Петяярв (Stance – Petiajarvi), 2017. Marie Bovo-OSL Contemporary-Oslo-Kamel Mennour Paris/Londres


Un monde insatiable

Avec Michael Wolf, l’expérience du territoire prend toute sa dimension tant les grandes métropoles comme Tokyo, Hong Kong ou Chicago sont présentes dans son travail. Pour la première fois aux Rencontres, et en collaboration avec le Fotomuseum Den Haag, il y déploie toute la complexité de la vie urbaine et de ses enjeux. Michael Wolf, né en 1954 en Allemagne et vivant à Hong Kong, présente notamment l’immense panneau The Real Toy Story (2004), sur lequel il a installé plus de 20 000 jouets en plastique made in China trouvés dans des brocantes ou des magasins d’occasion aux États-Unis. Une vision vertigineuse de nos insatiables sociétés de consommation, toujours en demande de nouveautés.
« Michael Wolf : la vie dans les villes ».
Église des Frères-Prêcheurs, rue du Docteur-Fanton.

Michael Wolf, « The Real Toy Story », 2004.
Michael Wolf, « The Real Toy Story », 2004. Michael Wolf


Les livres à l’honneur

L’économie du livre reste fragile, mais les éditeurs sont toujours là. En témoigne leur présence à Cosmos Arles Books. Véritable laboratoire dédié à la célébration et aux pratiques expérimentales en matière d’édition, Cosmos accueille (la première semaine seulement) 80 éditeurs internationaux et propose conférences, signatures, rencontres avec les artistes autour du livre de photographie.
Au collège Frédéric-Mistral.

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