À Rome, poésie et éclectisme par l'architecte Massimo Adario

Dans un immeuble de 1880, l'architecte Massimo Adario a réussi la fusion de plusieurs époques et styles du design italien. Grâce à des lignes douces et des couleurs légères, il a créé un appartement à la fois poétique et éclectique, qui bénéficie d'une vue imprenable sur Saint-Pierre de Rome.

Jusqu’à récemment, l’architecte italien Massimo Adario (@massimoadarioarchitetto) se concentrait principalement sur des projets de construction de maisons et de bureaux. Mais sa passion et son succès grandissant l’ont poussé dans l’univers de la décoration et du design. Son dernier projet ? Un appartement de 185 m2 dans la capitale italienne, non loin de la basilique Saint-Pierre. Dans ce lieu de la fin du XIXe, chargé d’histoire, l’envie de faire table rase n’a jamais été d’actualité. « Nous aurions pu démolir la quasi-totalité des murs pour ouvrir l’appartement. Or ce projet était prévu pour une famille de quatre personnes et non pour un couple, nous avons donc décidé de conserver la distribution telle quelle. Chacun peut ainsi y trouver son espace d’intimité », se justifie Massimo Adario.

Le papier peint, spécialement créé par l’architecte Massimo Adario, reprend les motifs des gravures de monuments romains du XVIIIe siècle exposées au mur. À côté de la chaise d’Ole Wanscher, lampadaire « Coupé – 3321 » de Joe Colombo (Oluce). Table basse « Cesar » de Rodolfo Dordoni (Minotti).
Le papier peint, spécialement créé par l’architecte Massimo Adario, reprend les motifs des gravures de monuments romains du XVIIIe siècle exposées au mur. À côté de la chaise d’Ole Wanscher, lampadaire « Coupé – 3321 » de Joe Colombo (Oluce). Table basse « Cesar » de Rodolfo Dordoni (Minotti). Birgitta Wolfgang - Sisters Agency

Le marbre et le terrazzo d’origine, au sol des différentes pièces, ont été préservés et ont même servi de références pour la réalisation du carrelage du couloir central. « Pour que cette nouvelle surface s’intègre parfaitement dans les autres pièces de l’appartement, nous avons choisi du marbre dont le motif reprend [à une autre échelle, NDLR] celui du salon », précise Massimo Adario. Les couleurs des surfaces ont été choisies en fonction de celles du mobilier et des œuvres d’art. La propriétaire, Maria Stella, est une grande amatrice de couleurs et ne voulait pas d’un espace en noir et blanc. Sur le fond néanmoins uni du salon, les nombreuses pièces colorées, qui proviennent de la galerie romaine d’art Frutta, ressortent avec force.

Des gravures en version XXL
Situé en hauteur, l’appartement profite d’une exposition est-ouest avec, pour véritable star, la lumière du jour. Dans la pièce la plus vaste, l’art domine. Le canapé en velours vert, les tables basses en laiton et les chaises en osier apportent, elles, leur douceur. Mais, telles de belles sculptures, les pièces du mobilier affichent aussi un style axé sur les matériaux, la forme et le mélange des genres. Les bleus profonds et les déclinaisons de verts contribuent à la quiétude que dégage l’ensemble.

Le tapis signé par l’architecte Massimo Adario unifie le salon. Les sofas Zeus et les poufs « Feel Good » d’Antonio Citterio (Flexform) complètent l’ensemble. Sur le mur du fond et à gauche de la porte, peintures de Santo Tolone et, à droite, de Gabriele De Santis (galerie Frutta).
Le tapis signé par l’architecte Massimo Adario unifie le salon. Les sofas Zeus et les poufs « Feel Good » d’Antonio Citterio (Flexform) complètent l’ensemble. Sur le mur du fond et à gauche de la porte, peintures de Santo Tolone et, à droite, de Gabriele De Santis (galerie Frutta). Birgitta Wolfgang - Sisters Agency

À Rome, l’histoire est à chaque coin de rue. Profiter toutefois de vues sur des monuments aussi emblématiques que le Vatican et sa basilique demeure un privilège. C’est cette histoire que Massimo Adario a voulu traduire dans la bibliothèque pour laquelle il a spécialement créé un papier peint directement inspiré de gravures néoclassiques du XVIIIe siècle représentant des monuments romains. Les gravures originales, qui ont servi de modèles, sont encadrées et accrochées au mur. Les étagères iconiques 606 Universal Shelving System imaginées par Dieter Rams pour De Padova en 1960 et la longue et mince table Fractal de Piero Lissoni (Porro), deux pièces très graphiques, contribuent au style puissant de la pièce.

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L’histoire jusque sur les placards
Dans le couloir menant aux chambres, les portes des placards sont couvertes de soie imprimée qui a été posée comme du papier peint. Réalisés à la main par la marque Misha Wallpaper (Milan), ces motifs poétiques s’inspirent de dessins anciens, chargés d’histoire. Ils habillent les placards de l’appartement de leurs couleurs assorties aux nuances de marbre de chaque pièce. « Lorsque je réalise un intérieur, j’accorde une grande importance aux matériaux et au design. J’aime beaucoup jouer avec la forme du mobilier pour rendre une pièce plus élégante à partir de seulement quelques légères modifications. Je me focalise sur les attentes des propriétaires, mais je prends aussi en compte l’histoire du lieu », conclut Massimo Adario. À Rome, c’est peu dire que cette ambition a pris forme.

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