Aux origines du Zippo

Amusante ou méconnue, l’origine de nos objets quotidiens nous fait voyager dans le temps. À travers leur histoire que retrace IDEAT se lit celle des usages et de nos modes de vie. Chronique d’un objet annoncé : aujourd'hui le Zippo, le plus mythique des briquets…

Briquet iconique par excellence, le Zippo arbore un nom d’onomatopée emprunté aux promesses d’instantanéité chromée des fermetures Éclair (les « zips »). Il est aux aventuriers, aux dandies rebelles et aux fumeurs tenaces ce que la lampe tempête est aux navigateurs : un allié inoxydable, au sens propre comme au sens figuré. Il est d’ailleurs garanti à vie, ce qui le place à l’extrême opposé des briquets Bic, même si ces derniers représentent indéniablement une autre success-story sur ce marché. C’est en voyant l’un de ses amis se débattre avec une flamme vacillante pour tenter d’allumer sa cigarette que George Blaisdell, un Américain de Bradford, en Pennsylvanie, eut l’idée, au début des années 30, de perfectionner un briquet autrichien dont il racheta le brevet. Le Zippo était né !

En pleine Grande Dépression, on ne peut que saluer cette « killer application », comme l’on dirait aujourd’hui. D’autant plus que, dès 1936, il servait de support publicitaire, inaugurant une kyrielle fort rentable de séries limitées. Mais le premier coup de génie de son créateur fut assurément celui du design. En choisissant de fixer le capot au corps, pour permettre un usage d’une seule main, le Zippo a donné naissance à une gestuelle du poignet désinvolte et sexy, annonciatrice de volutes de fumée hautement cinématographiques (il apparaît dans plus de mille films…).

À l’instar d’Emeco avec sa Navy Chair, Zippo a été fournisseur officiel de l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui a contribué à la fois à la bonne santé financière de l’entreprise et à l’essor de son image à travers le monde. Arrivé en Europe à la Libération dans les mains des GI aux côtés des Levi’s et des chewing-gums, le briquet est également resté le principal talisman – souvent gravé de façon émouvante – des marines pendant l’enfer de la guerre du Vietnam. Sa silhouette qui donne de la dégaine à ses utilisateurs et son « clic » si caractéristique ne pouvaient que séduire Serge Gainsbourg, qui avait le sien, bien entendu, et starifia l’objet en musique dans Ford Mustang.

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