Disparition du designer français Alain Richard (1926-2017)

Designer de meubles et de luminaires, Alain Richard était un grand nom du design français de l'après-guerre, une période de profond renouvellement pour le mobilier hexagonal…

Mort le 4 août 2017 à 91 ans, Alain Richard laisse le souvenir d’une époque fastueuse pour le design français et l’empreinte d’un style à la fois rationnel et élégant. Né en 1926, il se forme au design avec René Gabriel comme professeur à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs dont il sort major de promotion en 1949. Après ses études, un détour par l’agence néerlandaise de Hein Salomonson, disciple de Le Corbusier, le projette au cœur du métier. Et c’est peu après son retour en France qu’il fonde à Paris sa première agence en 1952, avec son épouse, la décoratrice Jacqueline Iribe.

Alain Richard (1926-2017) a étudié aux Arts Décoratifs sous l’égide de René Gabriel. Il fait partie de la nouvelle génération de designers qui a émergé dans les années 50.
Alain Richard (1926-2017) a étudié aux Arts Décoratifs sous l’égide de René Gabriel. Il fait partie de la nouvelle génération de designers qui a émergé dans les années 50. DR

Au milieu du tumulte enthousiaste et bâtisseur des années 50 et 60, Alain Richard a été avec une poignée d’autres (Pierre Paulin, Pierre Guariche, Roger Fatus, etc.) un pionnier du design industriel. À un moment où qualité rimait encore avec création unique et artisanale, cette jeune garde a incarné une nouvelle voie, tournée vers le fonctionnalisme, la production en série et les éditeurs.

La banquette créée en 1953 avec André Monpoix est devenue une pièce culte.
La banquette créée en 1953 avec André Monpoix est devenue une pièce culte. DR

Pendant cette période, Alain Richard reçoit une pléiade de commandes publiques prestigieuses : le mobilier de l’aéroport d’Orly, celui de nombreux musées dans les années 70, le design de la station de métro Auber… Sans compter les meubles devenus cultes que les collectionneurs s’arrachent aujourd’hui dans les maisons de ventes aux enchères ! Rencontrant un large succès, il remporte en 1954 le Prix de la Triennale de Milan et en 1964 le prestigieux Prix René Gabriel, considéré comme l’équivalent du Compasso d’oro en France.

Cette enfilade en placage de palissandre de Rio fait partie de la série « 800 », un ensemble de salle à manger fabriqué en 1958. Les lignes sobres sont typiques du mobilier d’Alain Richard.
Cette enfilade en placage de palissandre de Rio fait partie de la série « 800 », un ensemble de salle à manger fabriqué en 1958. Les lignes sobres sont typiques du mobilier d’Alain Richard. DR
À la fin des années 50, Alain Richard s’empare de l’éclairage directionnel (ou spots). Applique A24 vert, édité à l’époque par Disderot.
À la fin des années 50, Alain Richard s’empare de l’éclairage directionnel (ou spots). Applique A24 vert, édité à l’époque par Disderot. DR

Un mobilier sobre, efficace et sans fioritures. Et un certain refus du décoratif. Telle était la signature d’Alain Richard, qui a contribué à diffuser l’idée d’un mobilier contemporain accessible au plus grand nombre. Au plus haut pendant les années 50 à 70, la cote du designer s’est ensuite assoupie pendant les deux décennies suivantes avant que son œuvre soit redécouverte à partir des années 2000. Grand perfectionniste, adepte des lignes pures et des finitions irréprochables, Alain Richard est un homme qui, en soixante-dix ans, n’a jamais cessé d’explorer le champ des possibles du design…

Autre pièce culte, le bureau AR180 (TFM/ARC, 1979), ultra-fonctionnel.
Autre pièce culte, le bureau AR180 (TFM/ARC, 1979), ultra-fonctionnel. DR

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