Agora Bordeaux, les métropoles en question(s)

Si la programmation d’Agora essaime cette année dans tous les recoins de la ville de Bordeaux, son point d’ancrage demeure le Hangar 14, où se tient l’exposition principale. Sous la houlette de son commissaire, le paysagiste belge Bas Smets, « Paysages augmentés » interroge, du 20 au 24 septembre, la place de la nature dans un monde en mutation.

Son travail avait fait l’objet d’une exposition monographique en 2014 au centre d’architecture Arc en rêve. C’est dire si Bas Smets, 42 ans, se trouve en terrain connu à Bordeaux. Et cela tombe bien, car c’est à ce paysagiste-architecte-­ingénieur belge installé à Bruxelles que le commissariat de Agora 2017 a été confié. Au Hangar 14, il signe l’exposition « Paysages augmentés », conçue autour de dix villes mises en scène dans autant de films réalisés par Ila Bêka et Louise Lemoine d’une part, et Christian Barani d’autre part. Leur objectif est, pour les premiers, d’étudier l’influence du climat sur les lieux habités (Naples, Saint-Pétersbourg, Bogota, Séoul et Rabat) et, pour le dernier, les différents rôles des paysages dans les métropoles (Singapour, Bruxelles, Bordeaux, Hong Kong et Hyderabad, en Inde).

Mise en images par le vidéaste Christian Barani, Hong Kong est l’une des dix villes qui ont servi de terrain d’exploration et de réflexion pour l’exposition principale d’Agora 2017. 
Mise en images par le vidéaste Christian Barani, Hong Kong est l’une des dix villes qui ont servi de terrain d’exploration et de réflexion pour l’exposition principale d’Agora 2017.  Christian Barani

Une dimension internationale pour tenter de répondre à cette interrogation de Bas Smets : « Comment concevoir des paysages “augmentés” pour résoudre les questions que posent aujourd’hui la métropole croissante et la nature déclinante ? » Le Belge s’est associé au scénographe new-yorkais Randall Peacock et à l’illustratrice et typographe néerlandaise Irma Boom.

Les Docks-Cité de la mode, de Jakob + MacFarlane, à redécouvrir à l’occasion de l’exposition « Augmenting the Invisible ».
Les Docks-Cité de la mode, de Jakob + MacFarlane, à redécouvrir à l’occasion de l’exposition « Augmenting the Invisible ». DR

Le Hangar 14, amarré au bord de la Garonne, est transformé pour l’occasion en une forêt de 300 arbres. Au rez-de-chaussée, l’accent est mis sur le cas spécifique de Bordeaux Métropole au travers de maquettes, de cartes, de parcours à vélo filmés et commentés ou encore d’interviews des paysagistes qui façonnent l’identité singulière du territoire girondin depuis vingt ans. Le 24 septembre, un hommage spécial est rendu au paysagiste Michel Corajoud (1937-2014), père du Miroir d’eau, qui a réaménagé avec le succès que l’on sait les quais de la Garonne, réconciliant les habitants avec leur fleuve.

« Paysages augmentés ». Au Hangar 14, quai des Chartrons, du 20 au 24 septembre.

De Berlin à Bordeaux

Le centre d’architecture Arc en rêve programme deux expositions dans le cadre d’Agora 2017. « Infidélités créatives » est consacrée aux projets aussi impertinents qu’hybrides de l’agence d’architectes-paysagistes berlinois Topotek1. Dans le Jardin botanique, « Collections paysages » regroupe, dans la structure gonflable de Hans-Walter Müller, 18 personnalités passées par Arc en rêve entre 1987 et 2017, comme le paysagiste Michel Corajoud, le collectif Bruit du frigo ou l’artiste-botaniste Liliana Motta. Leur point commun ? Ils ont développé, chacun à sa manière, une pensée contemporaine du paysage.

« Infidélités créatives Topotek1 ». Au centre d’architecture Arc en rêve, 7, rue Ferrère, jusqu’au 14 janvier 2018.

« Collections paysages ». Au Jardin botanique, esplanade Linné, jusqu’au 24 septembre.

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