Le contreplaqué, star du design

Jusqu’au 12 novembre, à Londres, le V&A vous dit tout sur le contreplaqué, un matériau qui une fois expliqué, se révèle plus sophistiqué qu’il n’y parait. La preuve en 120 objets.

Il n’y a que des bonnes raisons d’aller au Victoria and Albert Museum à Londres. Bien sûr parce que c’est l’un des meilleurs musées au monde pour les arts décoratifs et le design. Et puis pour qui aime les gâteaux, si on vient à pied de chez Harrod’s, il y a ceux du café Grand presque juste en face, à quelques mètres du showroom Molteni. Justement quand on parle de meubles un peu sérieux, l’usage est de ne pas prononcer tout de suite le mot contreplaqué. C’est comme si c’était du bois par défaut.

Tabouret « Edie » de David et Joni Steiner pour Opendesk (2013).
Tabouret « Edie » de David et Joni Steiner pour Opendesk (2013). Rory_Gardi

L’exposition Plywood : Material of the Modern World (Contreplaqué, le matériau d’un monde nouveau) démontre à quel point ce matériau est synonyme de modernité. Les Egyptiens de l’Antiquité faisaient déjà du bois en couches appliquées. Mais c’est à partir du XIXème siècle que l’idée du bois léger, solide, qui sert à tout et pas trop cher séduit les acteurs de la révolution industrielle. On en utilise même pour les coques d’habitacle de voitures dès la seconde Guerre Mondiale. Il a ensuite été à la base de pas mal d’objets phares du design du XXème siècle.

Chaises DCM de Charles et Ray Eames (1945-1946).
Chaises DCM de Charles et Ray Eames (1945-1946). Eames_Office

A commencer par les icônes du mobilier de Charles et Ray Eames. C’est pourtant pour parer aux nécessités de l’effort de guerre que le couple de designers va affiner la technique du contreplaqué à courber et pas pour faire des figures de style. Il s’agissait de produire des objets aussi triviaux que les attelles des blessés de la guerre. Elles sont aujourd’hui très prisées des collectionneurs qui les accrochent aux murs comme des sculptures.

Le « de Havilland Mosquito » britannique en contreplaqué de balsa et de bouleau (1941).
Le « de Havilland Mosquito » britannique en contreplaqué de balsa et de bouleau (1941). de Havilland Aircraft Museum

Ce ne sont pas moins de 120 objets qui racontent au fil de l’exposition une manière à chaque fois différente qu’à la technique du contreplaqué de se rendre utile. De la boite à chapeaux, au mobilier de Marcel Breuer ou de Robin Day jusqu’au projet architectural d’Alvar Aalto. A ne pas rater, l’abri pour skieurs sur glace replanté au V&A sur le pavé de la cour du jardin John Madjeski.

Le pavillon finlandais dessiné par Alvar et Aino Aalto pour l’exposition universelle de New-York en 1939.
Le pavillon finlandais dessiné par Alvar et Aino Aalto pour l’exposition universelle de New-York en 1939. DR

Utilisé partout et par tout le monde, le contreplaqué est toujours d’actualité au point que Made.com, sponsor de l’exposition, sorte dans ce matériau, aussi bien une ligne de mobilier que d’objets déco. A un moment où de plus en plus de gens veulent savoir d’où vient et comment est produit le bois qu’ils utilisent, cela tombe à pic comme un tea at five o’clock.

Chaise en contreplaqué moulé de Grete Jalk (1963).
Chaise en contreplaqué moulé de Grete Jalk (1963). Victoria_and_Albert_Museum_London

Exposition Plywood : Material of the Modern World,
au Victoria and Albert Museum.
Cromwell Rd, Knightsbridge, London SW7 2RL, Royaume-Uni.
Jusqu’au 12 novembre 2017.
De 10h à 17h30. Le vendredi de 10h à 21h30.

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