ICÔNE : Gala, le fauteuil de Franco Albini (1955)

Grand maître du rationalisme italien, l’architecte et designer transalpin Franco Albini (1905-1977) a expérimenté le rotin tout en restant fidèle à son dessin. Simplicité des lignes, économie de moyens et zéro chichi, telle est Gala (Bonacina 1889).

Quelques années avoir tâté du rotin une première fois avec le fauteuil Margherita, Franco Albini récidive en 1955 avec le Gala, plus enveloppant, avec l’aide de Gino Colombini, son double au studio, pour l’éditeur Vittorio Bonacina. D’emblée, il trouve sa place dans les vitrines du grand magasin milanais La Rinascente et dans le célèbre hôtel Villa d’Este de Cernobbio sur le lac de Côme.

Fauteuil Margherita de Franco Albini (1950).
Fauteuil Margherita de Franco Albini (1950). Albini

Arrière-petit-fils d’un pionnier de l’industrie de la soie, Albini a grandi dans la maison familiale de Robbiate (Brianza), acquise par son grand-père architecte qui l’agrandit d’une centaine de pièces. Sur les photos des Albini, dès 1909, on aperçoit ce même genre de fauteuil, bien assis sur sa base à quatre pieds. Mais Albini a modernisé la tradition du rotin, aidé en cela par l’évolution des technologies pour courber ce matériau. Le rotin du Gala suggère de lui-même la villeggiatura, une tradition de vacances à l’italienne, romaines, qui trace sa trajectoire de l’Antiquité aux pièces de théâtre de Carlo Goldoni via les villas palladiennes de Vénétie.

Dès la réception, les clients de l’hôtel Fasano à Rio de Janeiro peuvent admirer le fauteuil Gala en rotin. Tabouret des Eames (Vitra).
Dès la réception, les clients de l’hôtel Fasano à Rio de Janeiro peuvent admirer le fauteuil Gala en rotin. Tabouret des Eames (Vitra).

En 1936, Albini analyse son propre travail comme la somme de « rythmes paisibles et de compositions larges et sévères, obtenues avec des moyens simples et rigoureux, et non au moyen de richesses de matériaux et d’une abondance de détails précieux ». Le Gala répond en tout point à ces critères.

Franco Albini, véritable icône du design italien.
Franco Albini, véritable icône du design italien.

Les modèles Margherita et Gala trônent également au MoMA à New York, au musée d’Art de Philadelphie, au musée des Beaux-Arts de Montréal, au Vitra Design Museum en Allemagne et au musée du Design à Milan. Pour le maestro Gio Ponti, Albini – qui a travaillé trois ans à son studio – est « l’homme des architectures silencieuses, mesurées, autonomes, respectueuses, presque détachées, empreintes de pureté, de clarté, de substance, de vérité ». Ponti lui trouvait une élégance innée, heureuse et constante. « Ses créations ont la clarté et la finesse d’une calligraphie. Avec lui, la légèreté est aérienne. »

En vente, sur commande, chez Silvera : finition naturelle (7 344 €) ou laquée (8 172 €).
Tél. : 01 53 63 25 10.

Au pied de l’iconique lampe « Atollo » de Vico Magistretti (Oluce), le fauteuil « Gala » de Franco Albini (Bonacina).
Au pied de l’iconique lampe « Atollo » de Vico Magistretti (Oluce), le fauteuil « Gala » de Franco Albini (Bonacina). Birgitta Wolfgang - Sisters Agency

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