Camille Hermand crée l’alchimie entre haussmannien et contemporain

À la tête de son agence depuis bientôt vingt ans, Camille Hermand a l'habitude de jongler avec les codes. Pour son dernier projet, l'architecte fait souffler un vent de modernité sur un appartement parisien.

A Paris, face au Parc Monceau, Camille Hermand vient de signer le nouvel aménagement d’un appartement de 350 m2, récemment acquis par une jeune famille nombreuse. Pour répondre au souhait des nouveaux propriétaires désireux d’un environnement pratique, à la fois décontracté et élégant, l’architecte joue avec les codes de l’haussmannien pour les allier à sa vision contemporaine du design et de l’architecture.

Dans l’entrée, les appliques « Cobra » de Greta Magnusson Grossman (Gubi), éditées pour la première fois en 1949, ponctuent avec élégance le papier peint « Mid Summer Night »  du designer Lorenzo De Grandis (Wall&Déco).
Dans l’entrée, les appliques « Cobra » de Greta Magnusson Grossman (Gubi), éditées pour la première fois en 1949, ponctuent avec élégance le papier peint « Mid Summer Night »  du designer Lorenzo De Grandis (Wall&Déco). Hervé Goluza

Moulures, boiseries et parquet en point de Hongrie s’affichent fièrement dans l’entrée. Le charme intemporel de l’appartement est ici exploité à son maximum, relevé par des notes dorées et un papier sombre qui s’accorde au gris ardoise des soubassements. En découle une atmosphère riche et majestueuse, subtilement contrebalancée par les lignes épurées des appliques Cobra et d’une banquette en chêne clair dessinée sur mesure.

Les suspensions et appliques « Modular » (House Doctor) apportent de subtiles touches de laiton à la « Family room ».
Les suspensions et appliques « Modular » (House Doctor) apportent de subtiles touches de laiton à la « Family room ». Hervé Goluza
Sobre dans son dessin, la cuisine joue avec les matières grâce à une crédence en terrazzo et des plans de travail en quartz dont la minéralité s’équilibre avec le chêne naturel qui délimite l’espace.
Sobre dans son dessin, la cuisine joue avec les matières grâce à une crédence en terrazzo et des plans de travail en quartz dont la minéralité s’équilibre avec le chêne naturel qui délimite l’espace. Hervé Goluza

Nettement plus contemporain, le grand salon s’adapte au mode de vie contemporain en offrant une pièce multi-fonctionnelle, partagée entre une cuisine, une salle à manger et un coin pour les enfants alors qu’une généreuse bibliothèque s’inscrit dans la continuité d’une série de placards intégrés aux murs. Un décroché du plafond et des aplats de peinture s’ajoutent au cloisonnement partiel de la cuisine pour délimiter les différents espaces. Ceux-ci peuvent ainsi cohabiter et dialoguer les uns avec les autres grâce aux finitions en bois brut déclinées par le mobilier et les rangements.

Des chaises « Grand Prix » en noyer d’Arne Jacobsen (Fritz Hansen) aux rangements de la cuisine, en passant par la table réservée aux activités des enfants, le bois brut tisse un lien entre les espaces du grand salon.
Des chaises « Grand Prix » en noyer d’Arne Jacobsen (Fritz Hansen) aux rangements de la cuisine, en passant par la table réservée aux activités des enfants, le bois brut tisse un lien entre les espaces du grand salon. Hervé Goluza
Les dorures refont leur apparition dans le salon de « Monsieur » et accentuent un peu plus la profondeur du bleu roi qui habille le canapé « Gentry » de Patricia Urquiola (Moroso).
Les dorures refont leur apparition dans le salon de « Monsieur » et accentuent un peu plus la profondeur du bleu roi qui habille le canapé « Gentry » de Patricia Urquiola (Moroso). Hervé Goluza

Dans le salon adjacent, les contrastes sont à l’honneur. Entre les ornementations baroques des boiseries immaculées de blanc et les teintes sombres d’un mobilier aux lignes contemporaines, l’histoire et l’élégance du lieu se marie désormais au confort souhaité par la famille. A l’inverse, certains luminaires jouent la carte du ton sur ton, comme les suspensions AIM des frères Bouroullec (Flos) ou les appliques en céramique qui répondent au relief des boiseries.

Alors que le salon de Monsieur joue sur les perspectives, celui de Madame opte pour les teintes sable et rose poudré des étagères « Dédal » de Mathieu Matégot (Gubi), parfaites pour s’accorder au tressage en kubu du fauteuil « Malu » (La Redoute Intérieurs).
Alors que le salon de Monsieur joue sur les perspectives, celui de Madame opte pour les teintes sable et rose poudré des étagères « Dédal » de Mathieu Matégot (Gubi), parfaites pour s’accorder au tressage en kubu du fauteuil « Malu » (La Redoute Intérieurs). Hervé Goluza
Avec leur veinage graphique, les portes en palissandre prennent l’allure d’un tableau abstrait dans la chambre des parents.
Avec leur veinage graphique, les portes en palissandre prennent l’allure d’un tableau abstrait dans la chambre des parents. Hervé Goluza

Intimiste, le salon de Madame opte pour des matériaux naturels et des tonalités douces tandis que certaines chambres s’enveloppent de couleurs prononcées. Notamment à l’aide de papiers peints, appliqués sur tout les murs ou seulement les placards dans les chambres d’enfant. Radicalement différents, ils prouvent que ce n’est pas le style qui compte, mais plutôt la manière de le doser. Un peu à l’image du projet…

Le papier peint s’invite dans les chambres pour leur conférer une atmosphère propre à chacune.
Le papier peint s’invite dans les chambres pour leur conférer une atmosphère propre à chacune. Hervé Goluza

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