Tourisme : Shanghai, la fenêtre de la Chine sur le monde

Addict au désir, Shanghai est animée par la fureur de vivre. Chaque seconde, une nouvelle boutique, un restaurant ou un musée privé ouvre, plus grand, plus clinquant, plus merveilleux que son voisin. Dernière coqueluche en date, la PhotoFairs Shanghai, dont la quatrième édition a connu un succès immédiat.

Cette ville adule la nouveauté, le contemporain, la technologie, la puissance et la richesse. Narcissique, elle se mire dans l’or et l’argent de structures futuristes démentielles parmi lesquelles se promènent les citoyens de l’empire du Milieu vissés à leur smartphone. Alors, si vous rêvez d’une autre galaxie, rendez-vous à Shanghai ! Ultraconnectée, dopée à l’adrénaline, riche en vertiges, l’icône chinoise semble créée par une civilisation outre-terrienne.

Le nouveau district de Pudong, sur la rive est du fleuve Huangpu, est considéré comme le Manhattan de Shanghai, mais avec 5 millions d’habitants, soit presque le double de la population de l’arrondissement new-yorkais. Il accueille le Shanghai World Financial Center (492 mètres, 101 étages) et le Shanghai Tower (632 mètres, 128 étages), la troisième plus haute structure construite par l’homme (à droite).
Le nouveau district de Pudong, sur la rive est du fleuve Huangpu, est considéré comme le Manhattan de Shanghai, mais avec 5 millions d’habitants, soit presque le double de la population de l’arrondissement new-yorkais. Il accueille le Shanghai World Financial Center (492 mètres, 101 étages) et le Shanghai Tower (632 mètres, 128 étages), la troisième plus haute structure construite par l’homme (à droite). Ludovic Maisant pour Ideat

À l’image de ce Golem apparu sous son ciel : la Shanghai Tower. Si « Star Trek versus les méchants Klingons » peut définir son style, le prodige réalisé par l’agence américaine Gensler, gainé de verre taillé en spirale jusqu’à 632 mètres de hauteur, domine l’île de Pudong. On s’épargne un torticolis en s’offrant un ticket qui pique un peu (60 € !), afin de batifoler à son sommet en sirotant un café (offert !). Autrefois chantier naval et terre agricole, « à cinq minutes en vélo du très aristocratique Bund », précise le chef français du Peace Hotel qui y réside, Pudong s’est défait d’une sale réputation pour devenir le quartier le plus privilégié et fort en démesures. Il est hérissé de cages de verre de couleur, blocs de cristal – dont les 180 mètres de l’hôtel Shangri-La dessiné par l’agence américaine Kohn Pedersen Fox –, tours cuirassées de métal, malls rutilants et gratte-ciel froids comme des pains de glace.

Depuis la terrasse de la Tour de la Fondation Fosun, on admire la skyline…
Depuis la terrasse de la Tour de la Fondation Fosun, on admire la skyline… Ludovic Maisant

Gino Andreetta, président Asie du Club Med, confie : « Cette ville est vibrante, attachante, l’une des plus sûres du monde, curieuse de tout. Il n’existe que deux temps ici : le court, qui simplifie les choses, et le long, qui donne une direction. Tout repose également sur le réseau (le « guamchi ») qui se fabrique dans la rencontre. Un contrat est le début d’une relation, pas la fin, contrairement à l’Occident. Les Chinois évoluent vers la création et ouvrent désormais le chapitre de l’invention. »

Le Natural History Museum de Shanghai abrite une collection de 240 000 échantillons, dont plus de 62 000 spécimens animaux, 135 000 spécimens végétaux, 700 de l’âge de pierre et 1 700 spécimens minéraux… Ainsi que des espèces qu’on ne peut voir ailleurs qu’entre ces murs : le mammouth du fleuve Jaune ou le panda géant…
Le Natural History Museum de Shanghai abrite une collection de 240 000 échantillons, dont plus de 62 000 spécimens animaux, 135 000 spécimens végétaux, 700 de l’âge de pierre et 1 700 spécimens minéraux… Ainsi que des espèces qu’on ne peut voir ailleurs qu’entre ces murs : le mammouth du fleuve Jaune ou le panda géant… Ludovic Maisant pour Ideat

PROFIL EXPRESS

Le sud de la Chine est le puissant poumon économique d’un pays où brille une perle de la plus belle eau: Shanghai. La grande capitale internationale, toujours un peu canaille, cultive frénétiquement ses échanges avec l’extérieur. Aujourd’hui, la mégapole de 24 millions d’habitants offre la sensation déroutante d’une superposition de passés combinée à une modernité affolante. On ne vit plus sans son smartphone, mais on continue de vider son pot de chambre dans la rue ! Trois périphériques ceinturent la ville, mais les quartiers ont conservé leurs lilongs – des ruelles traditionnelles qui les parcourent formant un véritable réseau. Il existe encore des gratte-ciel tels qu’on les imaginait à Chicago dans les années 30, des palaces Art déco, des villas de tous styles. Shanghai est aussi redoutablement futuriste. Le marqueur de son accélération ? L’Exposition universelle de 2010 qui a vu passer plus de 70millions de visiteurs. « Meilleure ville, meilleure vie » devient le slogan officiel qui booste les transformations radicales : l’édification rapide d’autoroutes par couches de six, la mise en route de 16lignes de métro (20 sont prévues). De nouveaux quartiers surgissent, dont Pudong, doté d’une tour de 632 mètres propre à impressionner la planète, talonné par le West Bund, deuxième centre de l’argent et du pouvoir. Les chantiers pullulent et des secteurs résidentiels émergent d’un coup, comme Xintiandi (dont le nom signifie « quartier nouveaux riches »), dont certaines shikumen (maisons chinoises en brique à « portail de pierre ») sont restaurées mais surtout détruites pour faire place à des immeubles de standing. Le modèle est copié dans les villes d’importance. Bonne nouvelle : la Chine s’intéresse aux problèmes de pollution.

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