Novamobili, nouvelle époque pour cet incontournable italien

À l’aube de son cinquantième anniversaire, le fabricant italien s’est réinventé. Des dressings et autres systèmes de rangement qu’il fabriquait traditionnellement, il est passé ces dernières années à des lignes complètes de mobilier contemporain où le soin apporté aux formes et aux couleurs l’ancre mieux dans son époque.

Philippe Starck et Kartell, Jean Nouvel et Molteni, Patrick Norguet et Cassina… Les associations entre designers français et éditeurs italiens révèlent souvent des mariages heureux. À tout le moins prolifiques, créatifs et innovants. Voilà cinquante ans que Novamobili, marque du groupe Battistella fondé en 1953 au cœur de la Vénétie, propose des systèmes de rangement pour les chambres et les salons. Et puis, il y a quelques années, alors que la maison étudie différents moyens de se développer, l’évolution vers une entreprise de design émerge naturellement. Battistella fonde en parallèle deux autres marques : Nidi, en 2013, pour les enfants ; et Cinquanta3, en 2015, davantage orientée vers les bureaux, l’hôtellerie et les espaces publics.

L’étagère « Pontile » de Philippe Nigro en version ivoire.
L’étagère « Pontile » de Philippe Nigro en version ivoire. novamobili

Une révolution pour ces Vénitiens, tenants du système de rangement technique. Pour cela, ils mènent de front deux chantiers. Tout d’abord l’ouverture de leur premier showroom, à Milan, en 2015. Signe d’avant-garde, ils choisissent le quartier de Porta Nuova, centre des affaires de la capitale lombarde qui voit pousser de nouveaux buildings tel le fameux Bosco Verticale (« bois vertical ») signé Stefano Boeri. Deuxième axe de développement, la multiplication des collaborations avec des designers. « Nous souhaitions changer d’échelle, créer un campus sur notre siège social », s’enthousiasme le responsable du marketing Christian Giomo. C’est dans cette optique qu’ils contactent le Français Philippe Nigro dont ils aiment « les lignes pures et son usage de la couleur. Nous avons été impressionnés par son travail pour Ligne Roset ou Hermès et puis il a collaboré avec Michele De Lucchi, ce qui a aussi été un facteur déterminant. »

« Pontile » peut également jouer la carte de la bichromie.
« Pontile » peut également jouer la carte de la bichromie. novamobili

Le Français a ainsi sélectionné designers et modèles pour l’enseigne. « On peut dire que Philippe Nigro nous a aidés à comprendre qui nous étions et comment nous devions évoluer », souligne Christian Giomo. Il a dessiné en parallèle l’étagère Pontile, un petit bijou de technologie, caché dans des lignes pures et classiques, qui joue l’effet bois même sur les montants en aluminium extrudé. Une bibliothèque qui peut autant être accrochée au mur que servir de séparation pour diviser une pièce. Une légèreté et une efficacité qui nécessitent un savoir-faire pointu. Car en design, Philippe Nigro l’a bien compris, la poésie repose bien souvent sur de savantes technologies.

Inspiration féminine pour le fauteuil « Origin » tout en courbes de Makoto Kawamoto.
Inspiration féminine pour le fauteuil « Origin » tout en courbes de Makoto Kawamoto.

L’entreprise a également perçu le rôle majeur des couleurs dans le monde du meuble d’aujourd’hui. En renfort de Philippe Nigro, ses dirigeants ont convié Margherita Rui, fondatrice du studio Dogtrot, à développer la palette, le graphisme et le catalogue, à orchestrer les imprimés et à construire une nouvelle image de Novamobili. À l’heure où nombre d’éditeurs couvrent leurs modèles d’imprimés achetés à des fabricants de tissus, Novamobili a développé sa propre gamme. Ainsi est né « A Colourful Story », un catalogue et une collection où même les systèmes classiques de rangement se parent de rose poudré d’une incroyable élégance ou de bleu canard.

Alliant marbre et noyer, la table « Torii » de Matteo Zorzenoni évoque un portail de temple japonais.
Alliant marbre et noyer, la table « Torii » de Matteo Zorzenoni évoque un portail de temple japonais.

L’attention est aussi portée sur un nouveau vocabulaire de matériaux : marbre, bois massif… et d’imprimés comme ce motif terrazzo décliné en camaïeu de rose et de bleu sur les fauteuils compacts Origin de Makoto Kawamoto. Le marbre se retrouve marié au noyer pour la sylphide table Torii de Matteo Zorzenoni. Un salon bien équipé que Novamobili a présenté en avril lors du Salone del Mobile. Après avoir développé la partie jour, c’est l’univers de la nuit que l’éditeur dévoilera au printemps prochain…

Pour Novamobili, Matteo Zorzenoni signe également les tables basses « Cliff ».
Pour Novamobili, Matteo Zorzenoni signe également les tables basses « Cliff ». novamobili

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