Le couturier Alexis Mabille rhabille la salle de bains

Pour Jacob Delafon, le couturier Alexis Mabille ressuscite l’esprit des années 30 dans une collection conçue comme une ode à la féminité. Un travail qui l’a conduit à collaborer avec des artisans d’exception…

«Decorating is fun ! » À l’occasion de sa première incursion en dehors des univers de la couture et du prêt-à-porter, Alexis Mabille (@alexismabille) a fait sienne la maxime de la célèbre décoratrice américaine Dorothy Draper, icône des années 30, et l’a adaptée à son goût : des formes arrondies, féminines, des matériaux sophistiqués, le tout présenté dans un décor aux tons poudrés. C’est donc un peu plus qu’une salle de bains qu’il a présentée en septembre dernier sur le salon Maison&Objet, avec le fabricant Jacob Delafon.

Alexis Mabille en train de travailler sur les finitions des éléments en marbre de sa salle de bains pour Jacob Delafon.
Alexis Mabille en train de travailler sur les finitions des éléments en marbre de sa salle de bains pour Jacob Delafon. Alfred Escot

« La Collection », comme il l’a appelée, désigne une série de mobilier et d’accessoires, qui l’a emmené jusque dans les Pouilles pour sélectionner lui-même le marbre Calacatta qui a servi à la réalisation d’une baignoire ovale de 900 kilos, d’une vasque, d’un receveur de douche, mais aussi de petits meubles d’angle et de tabourets. « Travailler avec un atelier de couture ou une manufacture, c’est un peu la même chose », nous a confié le créateur, qui est resté émerveillé devant les dessins formés par les veines du bloc de marbre qu’il avait lui-même choisi quelques mois auparavant.

Le meuble en bois cintré est patiemment façonné à la main dans un atelier du Jura.
Le meuble en bois cintré est patiemment façonné à la main dans un atelier du Jura. Jacob Delafon

Deux cents heures de travail ont été nécessaires aux compagnons du Devoir des Ateliers Roméo, dirigés par le Français Luc Tamborero, pour en extraire seulement la baignoire et lui donner cette finition mate que l’on n’obtient que par un ponçage à la main. La fierté du tailleur de pierre ? « Que l’on voie que ces objets sont tous sortis du même bloc, grâce aux veines, qui sont identiques sur chacun. »

La baignoire et son veinage étudié…
La baignoire et son veinage étudié… Jacob Delafon

Quant aux autres éléments de « La Collection », ils ont tous été fabriqués avec le même soin. Il a fallu trois cents heures de travail environ pour façonner, dans le Jura, le meuble de vasque en bois cintré, dont la forme reprend l’ovale du lavabo, « ce qui est particulièrement compliqué quand il s’agit de supporter une pièce en marbre d’un tel poids », comme l’explique Bernard Pierre, prototypiste pour Jacob Delafon depuis vingt ans. Chère à Alexis Mabille, la cage qui habille la douche, avec son pommeau rond, a été confiée à un serrurier habile. Elle est en laiton doré à l’or fin, tout comme la robinetterie et les porte-serviettes.

Cette salle de bains mêle influences françaises américaines et japonaises du créateur.
Cette salle de bains mêle influences françaises américaines et japonaises du créateur. Jacob Delafon

« J’ai eu envie de créer une atmosphère qui rappelle les anciens cabinets de toilette. On peut s’offrir un seul élément de la salle de bains, la robinetterie par exemple, ou bien choisir soi-même la couleur du marbre de la baignoire, qui peut être vert ou rose », a annoncé le couturier. Un carnet d’inspiration, en somme, sur lequel les amateurs de rareté ne manqueront pas de s’attarder.

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