Le nouveau visage de la tour Montparnasse

En 2024, la tour Montparnasse offrira aux Parisiens un tout autre visage. Après un concours ultra-médiatisé l’année dernière, le verdict est tombé : face aux poids lourds de l’architecture, Nouvelle AOM, groupement de trois agences françaises (Hardel + Le Bihan, Chartier Dalix et Franklin Azzi), l’a finalement emporté. Focus sur le nouveau visage de ce bâtiment aussi emblématique que mal-aimé et passage en revue des six projets finalistes.

En juin 2016, le syndicat des copropriétaires de la tour Montparnasse lançait un concours afin de désigner une équipe d’architectes pour rénover leur bâtiment, aussi iconique que mal-aimé. Inauguré en 1973, ce symbole patrimonial fort de la capitale exige aujourd’hui une profonde réhabilitation qui va bien au-delà d’un simple embellissement de façade. Objectif ? Réveiller cette tour obsolète, énergivore et en mal d’usages, mais aussi redorer l’image d’un bâtiment qui a beaucoup fait parler de lui…

Faire de la Tour Montparnasse une icône de la révolution énergétique du XXIe siècle ? C’est l’ambition des Français de Nouvelle AOM, lauréats du concours.
Faire de la Tour Montparnasse une icône de la révolution énergétique du XXIe siècle ? C’est l’ambition des Français de Nouvelle AOM, lauréats du concours. RSI STUDIO/IDA+

Épilogue de cette compétition réunissant un casting de stars, la renaissance de cette icône de 210 mètres de hauteur sera signée Nouvelle AOM, dont le projet a été désigné lauréat devant l’Américaine Jeanne Gang, malheureuse finaliste. Le concours avait attiré pas moins de 700 candidatures et une première sélection avait retenu sept équipes dont nous vous présentons ici les propositions. Malgré la rude concurrence, les Français l’ont finalement emporté à l’unanimité. Nouvelle AOM, c’est en réalité trois agences bien connues : Hardel + Le Bihan, Chartier Dalix et Franklin Azzi.

Nouvelle AOM, projet lauréat

« Notre ambition était de révéler la beauté de la tour Montparnasse en partant de l’intérieur, par le prisme d’usages nouveaux et par une métamorphose bioclimatique de la façade. Nous avons souhaité en faire l’icône de la révolution énergétique du XXIe siècle. » Loin de se limiter à un simple rhabillage, le projet lauréat est assurément celui qui respecte le mieux le bâtiment originel. Un choix assumé par les architectes. Trop sage, jugent ses détracteurs. Pertinent et tourné vers l’usage, a tranché le jury. La tour est épaissie en partie inférieure, coiffée d’une serre de 18 mètres de hauteur et agrémentée, au 14e étage, de jardins suspendus. Le bâtiment jusqu’à présent réservé aux bureaux laisse place à la vie, 24 heures sur 24. Au verre fumé, qui a forgé sa mauvaise réputation, se substitue une façade transparente. Quant à sa consommation énergétique, avec une ­autonomie ­pendant 70 % de son temps d’usage, elle promet d’être divisée par dix.

Les cinq architectes, tous nés dans les années 70, comme la tour, ont uni leurs forces et loué des bureaux au 44e étage pour comprendre, de l’intérieur, les enjeux du concours et analyser au plus près les (dys)fonctionnements du gratte-ciel. Ils n’ont pas choisi leur nom au hasard. Les architectes Jean Saubot, Eugène Beaudouin, Urbain Cassan et Louis de Hoÿm de Marien, auteurs initiaux de l’édifice, s’étaient déjà réunis sous la bannière AOM, Agence pour l’opération Maine-Montparnasse. Un clin d’œil à l’Histoire qui leur a porté chance puisqu’ils sont sortis vainqueurs du concours le plus couru de l’année 2017.

Les associés de Nouvelle AOM dans le bureau loué au 44e étage de la tour. De gauche à droite : Pascale Dalix, Franklin Azzi, Mathurin Hardel, Cyrille Le Bihan et Frédéric Chartier.
Les associés de Nouvelle AOM dans le bureau loué au 44e étage de la tour. De gauche à droite : Pascale Dalix, Franklin Azzi, Mathurin Hardel, Cyrille Le Bihan et Frédéric Chartier. Alexandre Tabaste

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