Top décorateurs 2018 : Rodolphe Parente déplace les codes

Un sens unique du détail, des matériaux et de la couleur, une solide connaissance de l’histoire du design acquise aux Arts déco de Strasbourg et à l’Ecal (Lausanne)… Rodolphe Parente détourne matières et motifs dans des projets aux accents pop. De la boutique parisienne By Terry au concept-store A propos à Hambourg, il s’inscrit dans la grande tradition des ensembliers français tout en injectant joie et élégance dans chacune de ses réalisations. Interview.

Une couleur ?
Rodolphe Parente : Celle que j’ai baptisée le « bleu Parente », un bleu multiple qui tire du cyan vers le rouge… De manière générale, j’utilise la couleur pour architecturer un lieu, comme un élément perturbateur qui vient réveiller un espace.

Avant de développer son propre studio, Rodolphe Parente a collaboré plusieurs années avec Andrée Putman.
Avant de développer son propre studio, Rodolphe Parente a collaboré plusieurs années avec Andrée Putman. Claire Israel

Un motif ?
J’adore le graphisme ; des gens comme Les Graphiquants ou Philippe Apeloig. J’ai développé un rapport graphique à mes projets. J’aime travailler les motifs en opposition.

Au Trocadéro, dans un très grand appartement du XVIIIe siècle, appartenant à des collectionneurs d’art contemporain. L’articulation et la mise en valeur de ces deux univers relevaient de la gageure.
Au Trocadéro, dans un très grand appartement du XVIIIe siècle, appartenant à des collectionneurs d’art contemporain. L’articulation et la mise en valeur de ces deux univers relevaient de la gageure. Olivier Amsellem

Une matière ?
J’essaie toujours d’utiliser les matériaux de manière innovante, pour cela je les détourne de leur fonction. La matière est intéressante quand on la sort de son usage habituel. Le bitume dans un salon par exemple ou l’Inox dans un projet luxueux.

Une pièce ?
La salle de bains, pour sa théâtralité. Les différentes atmosphères qui s’en dégagent m’intéressent. J’aime son côté versatile. C’est un lieu qui se doit d’être pragmatique et performant le matin, et plus contemplatif le soir.

Dans le même appartement parisien, les jeux amplifient la théâtralité du marbre utilisé dans la salle de bains.
Dans le même appartement parisien, les jeux amplifient la théâtralité du marbre utilisé dans la salle de bains. Olivier Amsellem

Une pièce de mobilier ?
La lampe Toio des frères Castiglioni, qui est parfaite ! Elle est dans l’humour, la technique, l’adaptabilité… Je l’utilise souvent dans mes projets.

L’« Appartement 108 », à Paris, où la lampe Toio (Flos) des Castiglioni a trouvé sa place dans un espace où, là aussi, devaient dialoguer les contrastes
L’« Appartement 108 », à Paris, où la lampe Toio (Flos) des Castiglioni a trouvé sa place dans un espace où, là aussi, devaient dialoguer les contrastes Olivier Amsellem

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