Le lustre qui assainit l’air de la maison grâce à des algues

Grâce à ses travaux sur la photosynthèse, Julian Melchiorri a créé un lustre qui purifie l'air de la pièce où il se trouve grâce à des algues microscopiques. Explications.

Situé dans le quartier des musées de Londres, le Victoria & Albert Museum a amassé depuis 1851 une immense collection d’arts décoratifs de toutes les époques et régions du monde. Pour autant, cette prestigieuse institution ne se repose pas sur ce fond extraordinaire et continue d’augmenter ses réserves en faisant travailler designers et artistes contemporains.

Au Victoria & Albert, table de marbre noir « Liquid Marble » de Mathieu Lehanneur.
Au Victoria & Albert, table de marbre noir « Liquid Marble » de Mathieu Lehanneur. DR

Elle accueille ainsi chaque année en résidence des chercheurs qui évoluent à la frontière de la science et de l’univers domestique. Le dernier en date est l’Italien Julian Melchiorri, qui travaille de longue date sur les algues et la photosynthèse. Cet artiste et ingénieur au double cursus a passé un an dans le V&A et en a profité pour travailler sur l’introduction des dernières avancées en matière de bio-technologie dans les objets et les bâtiments.

Au terme d’une année de résidence, le musée a récemment dévoilé le fruit de ses recherches : un lustre baptisé Exhale au fonctionnement singulier puisque les 70 pétales qui le composent renferment des algues microscopiques qui purifient l’air ambiant. Suite logique au début de carrière de Melchiorri comme ingénieur chez un éditeur de luminaires, cette création est tout simplement la première pièce vivante de l’immense fonds du V&A.

Le lustre Exhale a rejoint les collections permanentes du V&A.
Le lustre Exhale a rejoint les collections permanentes du V&A. Arborea

Comment fonctionne Exhale ? Tout bêtement grâce à la photosynthèse réalisée par les algues microscopiques. Le lustre produit de la lumière, qui sert non seulement à illuminer la pièce mais aussi à stimuler ces algues qui absorbent le dioxyde de carbone présent dans l’air et le transforment en oxygène.

Gros plan sur les « feuilles » remplies d’algues microscopiques.
Gros plan sur les « feuilles » remplies d’algues microscopiques. Arborea

En réalité, Exhale se contente d’imiter le fonctionnement de la nature. Pour sa réalisation, Julian Melchiorri s’est inspiré des collections d’Art nouveau et d’arts islamiques du Victoria & Albert. Néanmoins, la structure fractale du lustre imite, elle, le développement des végétaux dans la Nature : elle est constituée de modules identiques qui se répètent 70 fois à 360 degrés.

Pour concevoir Exhale Julian Melchiorri dit s’être autant inspiré des collections d’art islamique que de la nature.
Pour concevoir Exhale Julian Melchiorri dit s’être autant inspiré des collections d’art islamique que de la nature. Arborea

En plus de l’électricité, Exhale approvisionne ses algues en nutriments par un câble spécial. L’exemplaire unique (pour l’instant…) d’Exhale trône dans la salle de réception des membres du musée londonien. Mais à l’avenir, Julian Melchiorri compte bien produire des lampes purificatrices à grande échelle. Il aimerait aussi implanter ses algues directement sur des toits de bâtiments afin d’améliorer l’air urbain. Pour ce faire, il a créé une société baptisée Arborea qui recherche actuellement des investisseurs…

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