Top décorateurs 2018 : Michael Malapert, l’imagination au pouvoir

Mon Coco vient d’ouvrir à République. Dans cette brasserie, une Liberté guidant le peuple de Delacroix façon street-art prolonge l’énergie de la place, dans une ambiance new-yorkaise cosy. Références à l’environnement ou à l’esprit du lieu nourrissent le style de ce diplômé de l’École supérieure d’art et de design de Saint-Étienne passé chez Philippe Starck. Inspiration et imagination irriguent ainsi Le Nemours (Ier) ou l’Hôtel André Latin (Ve). Interview.

Une couleur ?
Michael Malapert : la terracotta. Elle m’évoque une certaine naturalité qui a traversé les âges et qui est toujours là en 2018.

Un motif ?
Comme les couleurs, les motifs viennent souligner une histoire. Et pour qu’ils soient plus pertinents, j’aime les créer.

Une matière ?
J’aime les matériaux naturels comme le marbre, la pierre apparente ou le bois en billot car ils vont bien vieillir.

Le BAM (XIe), à la fois bar à cocktails et karaoké, navigue entre salons californiens sixties et bar en faïence Art déco.
Le BAM (XIe), à la fois bar à cocktails et karaoké, navigue entre salons californiens sixties et bar en faïence Art déco. © CLAIRE-LISE HAVET

Une pièce ?
Je ne dessine que des lieux publics. Dans un restaurant, je dirais le bar ou la cuisine, ces endroits où l’équipe est en contact direct avec les clients. Dans un hôtel, le lobby, qui incarne l’essence de ce que je veux raconter.

Une pièce de mobilier ?
Les chaises en rotin Drucker ou Gatti. Empilables, solides, lé- gères, personnalisables… archétypes des terrasses parisiennes. En un coup d’œil, on sait qu’on peut prendre un verre et un repas léger.

Le BAM dans le XI arrondissement de Paris.
Le BAM dans le XI arrondissement de Paris. © CLAIRE-LISE HAVET

Un éditeur de mobilier ?
Magic Circus qui, parmi ses luminaires, propose de beaux lustres contemporains de 2 mètres de haut et sait travailler sur les échelles et la source lumineuse.

Un designer ?
Philippe Starck. Il a révolutionné l’hôtellerie des 80’s et 90’s avec Ian Schrager et celle des années 2010 avec les Mama Shelter. Quand il s’attaque à un secteur, il le renouvelle.

Une ville ?
J’aime les découvrir après avoir vu des photos sur Instagram. C’est comme cela que j’ai récemment découvert Lisbonne.

Actualisé, l’esprit Belle Époque de l’Hôtel André Latin (Ve) laisse planer la touche dandy chère à André, son fondateur, au XIXe.
Actualisé, l’esprit Belle Époque de l’Hôtel André Latin (Ve) laisse planer la touche dandy chère à André, son fondateur, au XIXe. DR

Un hôtel ?
La nouvelle génération d’hôtels comme les Ace ou les Standard. J’aime lorsque ce sont des lieux de vie où se mêlent locaux et touristes. Je suis aussi un inconditionnel de la Co(o)rniche (signée Starck, NDLR). Sa situation exceptionnelle sur la dune du Pilat, surplombant l’entrée du bassin d’Arcachon, en fait un paradis sur terre dès qu’il y a un rayon de soleil.

Un photographe ?
J’ai récemment découvert les collages architecturaux du photographe belge Filip Dujardin, qui créent des distorsions de la réalité.

Face aux skateurs, aux passants ou aux manifestants, la brasserie Mon Coco a fait son trou, à la République (XIe).
Face aux skateurs, aux passants ou aux manifestants, la brasserie Mon Coco a fait son trou, à la République (XIe). © FOOD 2 VOUS

Un artiste ?
Je collectionne le street-art. Il renouvelle notre vision de l’art. N’étant enfermé ni dans un musée ni dans une galerie, il a plus d’impact sur la société. Ma référence reste le Parisien Space Invader. Son travail accompagne dans la rue mes journées de boulot.

Un fleuriste ?
Je nourris une vraie sensibilité pour le végétal. Je collabore souvent avec le personnel d’Arom, fleuriste du XIIe arrondissement. Je leur donne quelques instructions… puis je les laisse broder.

Chez Mon Coco, la Liberté guidant le peuple de Delacroix, revisitée par l’artiste Nasty, y signe le style Malapert, pas avare en références au contexte qui accueille ses créations.
Chez Mon Coco, la Liberté guidant le peuple de Delacroix, revisitée par l’artiste Nasty, y signe le style Malapert, pas avare en références au contexte qui accueille ses créations. © FOOD 2 VOUS

Une boutique ?
Fleux’, une boutique de décoration dans le Marais, à Paris. J’aime y puiser l’inspiration dans différents univers.

Un créateur de mode ?
J’admire l’intelligence d’un Vuitton qui, à partir d’une malle, a su créer un univers complet. Pointue dans chaque domaine, la marque a par exemple été la première à collaborer avec des artistes.

Au Nemours (Ier) : le bar central en marbre, très Art déco, répond au dallage graphique du sol. Une gravure végétale du XVIIIe a envahi murs et plafond.
Au Nemours (Ier) : le bar central en marbre, très Art déco, répond au dallage graphique du sol. Une gravure végétale du XVIIIe a envahi murs et plafond. DR

Un architecte ?
Richard Neutra dont la Case Study House en Californie est pour moi un idéal de maison contemporaine.

Un bâtiment ?
Je suis fan du Centre Pompidou et de l’idée de sortir les différents réseaux (les tuyaux, NDLR) pour dégager les espaces intérieurs et laisser plus de place aux œuvres. J’aime particulièrement l’escalator extérieur qui complète cette œuvre radicale et unique.

Le brasserie Mon Coco par Michael Malapert

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