Pritzker Prize : l’Inde à l’honneur

Le 45ème lauréat du Pritzker Prize est Indien. Et c’est une première ! A 90 ans, Balkrishna Doshi reçoit le prestigieux prix, considéré comme le Nobel de l’architecture.

Comme chaque année, les pronostics allaient bon train ces derniers jours quant au nom du Pritzker Prize 2018, récompense suprême en matière d’architecture. Il y a quelques jours, la rumeur était venue de Richard Rogers, membre du jury, évoquant la vivacité de la scène indienne et sud-américaine dans une interview accordée à The Architect’s Newspaper. Mercredi 7 mars à 16h, la nouvelle s’est rapidement propagée depuis Chicago, annoncée par la Fondation Hyatt qui remet chaque année le prestigieux prix. Parfaitement inconnu du grand public, l’heureux élu se nomme Balkrishna Doshi. Il succède ainsi à RCR, auteurs du Musée Soulages à Rodez et lauréats en 2017.

Balkrishna Doshi, à la tête de son agence depuis 1956.
Balkrishna Doshi, à la tête de son agence depuis 1956. courtesy of VSF
Achevé en 2012, le Centre de Planification Environnementale d’Ahmedabad.
Achevé en 2012, le Centre de Planification Environnementale d’Ahmedabad. courtesy of VSF

A 90 ans, l’architecte indien est une personnalité discrète mais reconnue dans le monde de l’architecture. Depuis 70 ans, avec une centaine d’œuvres réalisées, ce disciple de Le Corbusier a fait preuve d’un engagement sans faille envers son pays natal. Installé à Ahmedabad, il s’est toujours attaché à mêler l’héritage moderne et sa culture indienne défendue avec ferveur. Architecte mais aussi urbaniste et enseignant, il a passé une partie de sa vie à œuvrer pour les plus démunis à travers des projets de logements qui ont forgé sa réputation.

Aranya, un complexe de logements à bas prix réalisé en 1989.
Aranya, un complexe de logements à bas prix réalisé en 1989. John Paniker
La villa Kamala, résidence personnelle de l’architecte, achevée en 1963.
La villa Kamala, résidence personnelle de l’architecte, achevée en 1963. courtesy of VSF

En 2007, il fut lauréat du Global Award for Sustainable Architecture qui récompense des architectes engagés dans des démarches durables et participatives. En distinguant Balkrishna Doshi, le Pritzker Prize poursuit sur sa lancée. Après avoir systématiquement récompensé des starchitectes, souvent occidentales, le jury parvient depuis quelques années à créer la surprise : Wang Shu en 2012, Alejandro Aravena en 2016. Mais si la Fondation Hyatt a revu sa copie, cédant moins souvent aux sirènes de la facilité, la parité n’est malheureusement toujours pas à l’ordre du jour. Zaha Hadid demeure à ce jour l’unique femme à avoir obtenu le graal en solo en 2004.

À Bangalore, la bibliothèque de l’IMM (Institut Indien du Management), construit en plusieurs phases de 1977 à 1992.
À Bangalore, la bibliothèque de l’IMM (Institut Indien du Management), construit en plusieurs phases de 1977 à 1992. courtesy of VSF
« J’ai souhaité développé un système qui fasse disparaître les bâtiments de l’IMM, au profit des espaces intermédiaires qui dominent l’expérience du lieu. » Balkrishna Doshi.
« J’ai souhaité développé un système qui fasse disparaître les bâtiments de l’IMM, au profit des espaces intermédiaires qui dominent l’expérience du lieu. » Balkrishna Doshi. courtesy of VSF

Balkrishna Doshi est le premier architecte Indien récompensé par le Pritzker Prize mais aussi le plus âgé. Son prix, assorti d’un chèque de 100.000 dollars, lui sera remis le 16 mai prochain au musée Aga Khan de Toronto.

Dessinée par ordinateur, la gallerie Amdavad Ni Gufa (1994) allie les outils numériques au savoir-faire des artisans locaux.
Dessinée par ordinateur, la gallerie Amdavad Ni Gufa (1994) allie les outils numériques au savoir-faire des artisans locaux. courtesy of VSF

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