Portrait : Olivier Mourgue ou le futurisme à l’état pur

Né à Paris en 1939, le designer Olivier Mourgue a marqué de son empreinte la scène du design français des années 1960 à 1980. IDEAT dresse le portrait d'un créateur secret, aujourd’hui célébré par la 38e édition des Puces du Design (désormais rebaptisées Design Fair Paris).

Cinquante ans après la sortie de 2001 : L’Odyssée de l’Espace, les Puces du Design mettent à l’honneur le designer Olivier Mourgue et ses créations mondialement célèbres depuis leur apparition dans le chef-d’oeuvre de Stanley Kubrick. Un hommage sous forme d’exposition, à découvrir jusqu’au 8 avril au Parc des expositions de la Porte de Versailles.

Fauteuil « Djinn » (1964).
Fauteuil « Djinn » (1964). © La Galerie du 20eme

Aujourd’hui présentée dans les collections permanentes du MoMA, la série Djinn fait initialement référence aux génies de la culture arabe, capables de jongler entre des figures humaines et animales. Une collection anthropomorphe, dessinée en 1964 et choisie par le cinéaste américain en personne afin d’incarner l’univers futuriste du Discovery One.

Canapé « Djinn » (1964).
Canapé « Djinn » (1964). ©Visa Vu

Développées avec Airborne, éditeur phare des années 60, il s’agit des premières assises fabriquées avec un châssis en acier rembourré de mousse polyuréthane. Une structure tubulaire que le designer formé à l’Ecole Boulle puis aux Arts Décoratifs, remplace ensuite par une coque en fibre de verre pour la gamme Montréal, spécialement conçue pour l’Exposition Universelle de 1967 et seulement produite pendant les deux années suivantes.

Fauteuil « Montréal » (1967).
Fauteuil « Montréal » (1967). © Flavien GAILLARD

Des éditions originales d’une grand rareté, ici rénovées avec un tissu Kvadrat et accompagnées pour l’occasion de ses autres créations moins connues du grand public, comme les chauffeuses Whist (1964), les fauteuils Cubique (1968), le modèle Bouloum (1970) ou le lampadaire Flower (1967), cette fois édité par Disderot. Mais si Olivier Mourgue a travaillé avec les plus grandes firmes et manufactures, de Bayer au Mobilier National, en passant par une collaboration avec l’architecte Norman Foster, son design se veut également démocratique.

Fauteuils « Djinn » et « Bouloum » (1970).
Fauteuils « Djinn » et « Bouloum » (1970). © A Touch Of Design

Dans ses recherches pour l’habitat, il a ainsi imaginé des blocs mobiles en aggloméré, destinés à l’aménagement d’appartements HLM et vendus par correspondance via le catalogue de Prisunic. Un projet évolutif, témoin de l’aspect flexible et pratique qu’il privilégie à travers des lignes et coloris typiques du Pop Art, mais au « style reconnaissable entre tous » d’après Jean-Yves Allemand.

Les canapés et fauteuils « Djinn » sont présentés avec les tables basses, chaises-longues et chauffeuses de la même gamme.
Les canapés et fauteuils « Djinn » sont présentés avec les tables basses, chaises-longues et chauffeuses de la même gamme. ©Visa Vu

Organisateur de l’exposition, l’antiquaire basé à Poitiers se passionne depuis la fin des années 1990 pour ses pièces à la « vision futuriste », toujours « ludiques », « où chacun peut se sentir bien ». Un design avant-gardiste et sculptural qui a fait d’Olivier Mourgue un des designers les plus marquants de sa génération, malgré une carrière plus discrète à partir de la fin des années 1970, à la faveur d’une installation en Bretagne ou il réside encore actuellement.

Canapé « Djinn » (1964).
Canapé « Djinn » (1964). ©Visa Vu

Exposition « Olivier Mourgue » à la Design Fair Paris. Du 5 au 8 avril, de 10 heures à 19 heures.
Paris Expo Porte de Versailles, hall 7.1 place de la Porte de Versailles, 75015 Paris.

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