L’artiste SupaKitch dévoile ses talents en vidéo

A l’occasion d’Art Paris Art Fair, la rédaction d’IDEAT a rencontré SupaKitch. L’artiste français s’est livré sur ses dernières créations et une vidéo récemment réalisée sur son travail, en collaboration avec l’horloger Parmigiani. Une vidéo qu’IDEAT vous présente en exclusivité…

Que viens-tu faire à Art Paris ?
SupaKitch :
Je suis représenté par un galeriste installé à Zurich et la Suisse est invitée d’honneur de cette édition. Nous travaillons ensemble depuis quatre ans et je suis très content pour Julien Kolly que sa galerie ait remporté le prix « promesse » d’Art Paris cette année.

Quels sont les artistes qui t’ont donné envie d’épouser cette voie ?
Je viens d’un milieu où la culture n’était pas une priorité : enfant, je ne suis jamais allé voir une expo, mais je dessinais beaucoup. C’est toujours pour moi un besoin viscéral. Au départ, ce n’est pas moi qui ai choisi l’art mais c’est l’art qui m’a choisi… Tous les jours, je me dis que j’ai une chance incroyable d’être habité par ce besoin de chercher sans savoir ce que je cherche vraiment. L’art est mon kif numéro 1 dans la vie et je suis particulièrement touché par le travail de Pierre Soulages.

Rythme de SupaKitch.
Rythme de SupaKitch. supa kitch

Vous avez débuté par le graffiti mais vous avez ensuite changé de voie…
Je ne dirais pas « changer de voie » mais plutôt « grandi », car c’est une évolution naturelle. Il y a quelques années, mon travail a été repéré par une galerie qui m’a intégré à son portefeuille d’artistes. Cela m’a permis de voir que ma peinture pouvait s’adresser à des amateurs d’art contemporain et pas uniquement à des fans de graffiti. De fil en aiguille, j’ai exposé dans d’autres galeries à Taipei, Miami, Rome ou New York. J’ai commencé à expérimenter la matière en volant des supports de pub en Plexiglas dans la rue et en peignant dessus. Ensuite, j’ai fabriqué des tableaux en circuit-imprimé et aujourd’hui, je travaille principalement la peinture et la feuille d’or sur de la résine.

Les matériaux jouent-ils une place important dans ta créativité ?
Matter does matter ! A mes débuts, quand je travaillais dans la rue, j’ai appris à choisir mes supports pour leur texture et leur irrégularité. Aujourd’hui, je les conçois en bois que je recouvre de résine, mélangée avec des pigments. Ce qui me plaît, ce sont les effets aléatoires que j’obtiens quand je verse la résine sur la fibre de verre qui « prend en photo » les formes. J’enlève ensuite le surplus de résine et il reste les « swirls ». C’est comme figer le mouvement. Cette technique, je l’ai volé aux fabricants de surfs.

La lumière est aussi centrale dans vos dernières œuvres…
Tout à fait, il y a un jeu avec les matières et un autre avec la lumière. Mes œuvres changent en fonction de la lumière ambiante et de la position du spectateur. La résine, la peinture et la feuille d’or ne captent pas la lumière de la même façon, ce qui rend l’œuvre réactive à la réflection. J’aime le fait que la peinture devienne vivante et change comme un paysage ou la couleur de la mer selon la météo.

L’artiste aime mélanger les techniques.
L’artiste aime mélanger les techniques.

Qu’est-ce qui t’inspire au quotidien ?
Mon experience des éléments. Je suis un observateur du génie de la nature. Des lignes des rochers à la texture du marbre en passant pas la géométrie des fleurs. Si tu regardes l’océan et toutes ces formes à la surface de l’eau, tu comprends mieux mes dernières œuvres. Quand je vais surfer, c’est soit tôt le matin, soit tard dans la journée car les vagues sont meilleures à ce moment-là. La lumière du soleil est chaude, dorée et rasante. C’est le « golden moment ». Mes yeux aiment tellement cet instant que je voulais le restituer dans mon travail. C’est pourquoi j’ai commencé à travailler la peinture or puis la feuille d’or car elle attrape la lumière d’une façon unique. Elle me sert à reproduire ces moments.

Pourquoi t’être établi au Pays basque ?
Pour me rapprocher des éléments et pouvoir surfer plus souvent. Avant, j’étais installé à New York, où je surfais aussi, puis à Paris où c’est devenu plus compliqué. Je faisais beaucoup d’allers-retours à Biarritz jusqu’au jour où, avec ma femme Koralie, merveilleuse artiste, on s’est dit : Pourquoi attendre pour avoir la belle vie et s’installer au Pays basque ? Le surf me permet de canaliser mon énergie. C’est une belle philosophie de vie mais l’art demeure le premier truc auquel je pense le matin et le dernier auquel je pense en me couchant.

A quoi ressemble votre atelier aujourd’hui ?
J’ai mis du jonc de mer au sol pour me rappeler la plage. L’espace le plus vaste est dédié à la peinture, un plus petit l’est au tatouage. J’ai aussi une grande table en bois pour sur papier et d’immenses baies vitrées pour baigner dans la lumière et voir l’horizon. Je ne suis pas très ordi, je n’aime pas y passer trop de temps même si c’est inévitable sur certains projets. Je préfère le fait-main, la précision, le contact avec les matières.

Dans l’atelier de SupaKitch.
Dans l’atelier de SupaKitch. Boris Frantz

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