Luxe, calme et légèreté : la Saika d’Élise Fouin

On ne parlera jamais assez du design comme vecteur d’échanges culturels. Cela donne des luminaires comme Saika, fruit de la collaboration entre la designer Élise Fouin et Yoshishige Tanaka, maître artisan du hyogu ou art de traiter le papier washi.

Saika, l’une des nouvelles lampes de la designer Élise Fouin, a été présentée lors du dernier salon Maison & Objet. Cette élégante suspension rappelle de façon stylisée la disposition des écailles d’un poisson. « Je suis partie du hyogu, le savoir-faire de Yoshishige Tanaka, de la maison Koseido à Kyoto, qui consiste à coller plusieurs couches de papier washi. Je l’ai appliqué au textile », explique la designer. Puis Élise Fouin a choisi, ce qui met en valeur ce procédé artisanal, la forme de montage du kakejiku (ou kakemono), ces œuvres suspendues et décoratives.

Élise Fouin n’est pas du genre à suivre la tendance. Pourtant, la designer s’inscrit dans ce retour de l’artisanat comme moyen de personnaliser la production des objets.
Élise Fouin n’est pas du genre à suivre la tendance. Pourtant, la designer s’inscrit dans ce retour de l’artisanat comme moyen de personnaliser la production des objets. DR

Sur rouleau de soie ou de papier, les artistes exécutaient peintures ou calligraphies, lesquelles étaient ensuite bordées d’une bande de soie contrecollée, puis rigidifiées par des baguettes en haut (pour l’accrochage) et en bas. La largeur même de ces bordures correspondait à des codes précis. Pour Élise Fouin, la grâce du plissage du papier allait remplacer celle de l’encre : « Le plissage donne matière à regarder », précise-t-elle. On parle plus que jamais du retour de l’artisanat dans le design alors qu’il n’a jamais disparu. Dans le cadre de Kyoto Contemporary – un bel échange entre le Japon et la France sous l’égide de Françoise Seince des Ateliers de Paris –, huit studios de design en France ont rencontré huit artisans japonais. Chaque designer présélectionnait trois noms d’artisans dans une note d’intention précisant ce qu’il désirait faire. L’équipe du projet décidait ensuite des attributions. Puis les projets ont été développés en quinze jours.

La lampe « Saika » peut être commandée en différentes dimensions et couleurs s’agissant des rubans de soie qui en délimitent joliment les contours.
La lampe « Saika » peut être commandée en différentes dimensions et couleurs s’agissant des rubans de soie qui en délimitent joliment les contours. DR

Pour Élise Fouin, les idées se concrétisaient d’autant plus vite que, chez Koseido, tous les moyens de production étaient réunis. « Mon premier dessin correspondait à des claustras et c’est l’artisan lui-même qui m’a expliqué que ce n’était plus pertinent dans le Japon d’aujourd’hui. » Intuition, discussion (sans langue commune, mais aidée par le dessin et Google Traduction !) ont fini par aboutir, entre mai et décembre. Actuellement, toute la production est assurée par l’artisan japonais lui-même, qui la commercialise et peut par conséquent réaliser des luminaires sur mesure. Élise Fouin est la créatrice, cette année, de deux autres lampes, Papillon et Libellule (chez Forestier). C’est simple, dans ses luminaires, jamais rien ne pèse…

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