Designer inconnu : le parapluie

IDEAT part à la recherche des designers d’objets courants dont on a oublié jusqu’à la naissance et révèle les humbles outils de notre quotidien.

Le parapluie n’est pas né à Cherbourg, comme pourrait le laisser croire la comédie musicale culte de Jacques Demy ; ni chez les Anglais, dont la météo semble faite pour lui ! Il ne s’est imposé là-bas qu’à partir du XVIIIe siècle, après avoir voyagé depuis la Perse et traversé la Manche dans les malles du globe-trotteur britannique Sir Jonas Hongway. Protégeant de la pluie et du soleil, ce qui lui confère d’emblée une fonctionnalité quasi universelle, son nom dérive directement du terme latin umbra (ombre) dans la plupart des langues (ombrello ou umbrella).

Le parapluie aurait vu le jour en Chine il y a plus de 3 500 ans… La légende, ou plutôt une des légendes qui entourent son apparition, veut qu’un homme attentionné, prénommé Luban, qui s’acharnait à construire de multiples pavillons le long d’un chemin pour protéger sa femme de la pluie d’été, eut l’idée d’en fabriquer un en observant sur ce même parcours des enfants s’abriter naturellement sous des feuilles de lotus. Sur des estampes chinoises datant du IIe siècle avant Jésus-Christ figure déjà un modèle en bois, probablement du bambou ou du santal, recouvert de feuilles huilées ou de plumes.

Très vite, l’objet devint un signe de distinction dans l’Empire du Milieu, puis un accessoire de mode en Asie comme en Occident. Il suffit pour s’en convaincre de penser à la célèbre photo de Jacques-Henri Lartigue intitulée Bibi avec une ombrelle sur la plage de Cannes (1927) ou à celle de Chico Bialas pour une mythique campagne de publicité (pour les bas Dim Up). De l’autre côté de l’objectif, les photographes professionnels continuent de l’utiliser en studio pour réfléchir ou diffuser la lumière. Une fonctionnalité que ne propose pas encore Instagram, mais cela ne saurait sans doute tarder…

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