Road-trip en Ecosse et aux Hébrides

Au départ de Glasgow, ville en plein renouveau, une succession de routes tortueuses et de ferries de toutes tailles nous a emmenés à la découverte de l’archipel des Hébrides, des îles entre ciel et mer où l’homme et la nature ont rivalisé d’imagination pour y créer une atmosphère étrange et pénétrante.

Jours 5 & 6 : Islay et Jura
L’arrivée sur l’île d’Islay annonce la couleur, celle dorée du whisky. Avant d’atteindre Port Ellen, le ferry passe devant les distilleries de Lagavulin, Arberg et Laphroaig. Islay en compte onze. Elles sont nichées en bordure de mer car l’eau y est d’une grande pureté, la tourbe pour chauffer les alambics abondante et c’est ici qu’arrive l’orge, trois ingrédients indispensables à l’élaboration du « Perfect Dram », le whisky parfait. Lors de la vis­i­te, on nous explique la fabrication sans dé­voiler les se­crets qui font de chaque whisky un élixir singulier.
Mais Islay ne se résume pas aux distilleries. L’île dégage une atmosphère particulière faite de silence et de calme. À Port Charlotte ou Portnahaven, le temps passe sans jamais s’enfuir. On y croise rarement quelqu’un. La lande change de couleur selon les caprices du ciel. La mer n’y est jamais vraiment furieuse, même au pied des dunes des plages de Lobbit et Machir Bay. Au lieu-dit Lord of the Isles, une île abri­te les vestiges de la demeure du seigneur qui, jadis, régnait sur Islay et Ju­ra.
À visiter ce royaume format mouchoir de poche, il est difficile de croire qu’il put un jour faire de l’ombre au puissant roi d’Angleterre qui finit par envoyer ses troupes châtier l’impertinent ! Port Askaig est tout près. Outre ses deux distilleries, on y vient prendre le ferry pour Jura. La route qui mène au seul village de cette île et à la distillerie éponyme traverse une lande parsemée de cerfs d’où émergent les « Paps of Jura », ces montagnes pelées qui culminent à 800 mètres d’altitude.

La distillerie Lacavulin, une des onze de l’île d’Islay.
La distillerie Lacavulin, une des onze de l’île d’Islay. Antoine Lorgnier
Le charmant port du bourg de Portnahaven sur l’île d’Islay.
Le charmant port du bourg de Portnahaven sur l’île d’Islay. Antoine Lorgnier

Jours 6 & 7 : Le parc naturel de Loch Lomond et du Trossachs
Quitter Islay rend toujours un peu nostalgique… Heureusement, le ferry prend tout son temps. La route qui nous ramène vers Édimbourg suit une succession de lochs, vastes et profondes entailles dans lesquelles s’est engouffrée la mer (loch Fyne, loch Long) ou l’eau des torrents (loch Lomond, loch Earn). Le parc national de Loch Lomond protège cette nature sauvage. Ici, pas de gran­des villes mais une succes­sion de villages en bord de lac. Inveraray est le plus touristique grâce à son château, fief de la famille Campbell et qui sert d’écrin à la série Downton Abbey.
Ensuite, la route prend de la hauteur, passe des cols propices à de belles promenades (chutes d’Invers­naid), traverse des forêts majestueuses (Queen Elizabeth Forest) et s’égare vers des lieux improbables (hameaux de Lochgoilhead). Nous partons en croisière sur le loch Lomond, le plus grand d’Écosse. Ici, point de Nessie, juste des aigles pêcheurs, des lou­tres et les « plus belles truites du pays ».
Juste avant d’arriver à Édimbourg, les férus d’histoire s’arrêteront à Stirling. C’est ici que se déroula l’une des plus grandes victoires contre les Anglais. Le National Wallace Monument rend hommage aux exploits des deux héros nationaux : Robert the Bruce et William Wallace, dit « Braveheart »…

Un rappel superflu tant les routes écossaises incitent à la flânerie.
Un rappel superflu tant les routes écossaises incitent à la flânerie. Antoine Lorgnier

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