Rencontre avec le collectif suédois Note Design Studio

Les sept samouraïs de Note Design Studio ont réussi à se faire un nom en un seul tabouret : Tembo (La Chance). Depuis Stockholm, l’équipe phosphore pour d’autres labels européens, de Camper à Sancal. Mais leur univers très graphique est aussi à l’aise avec les « vrais » produits. Pour Cristiano Pigazzini, le stratège maison, et Sanna Wahlin, l’une des trois architectes d’intérieur du collectif, l’esprit des sept est dans chaque projet.

Diaporama : Zoom sur les créations de Note Design Studio

Comment fait-on du design quand on est sept ?
Je crois que notre force, c’est justement ça. Très soudés, nous tenons à cette idée de travailler en équipe, même si nous faisons des choses différentes. Alexis (Holmqvist), notre directeur, est designer graphique. Cristiano (Pigazzini), à l’origine de Note, en est la boussole stratégique. Johannes (Carlström), Daniel (Hecksher) et moi sommes architectes d’intérieur. Charlotte (Ackemar) et Kristoffer (Fagerström) s’occupent des produits, qui sont parfois co-signés Boaz Katz, designer israélien en stage. Nous établissons des scénarii ensemble et nous les développons.

Cela ne fait-il pas beaucoup de monde derrière chaque décision ?
Non, nous avons l’habitude de nous réunir et de nous lancer des idées à la figure. Jeter un coup d’œil sur l’écran de l’autre, c’est quelque chose de naturel ici. On est plus une famille que des collègues de travail.

N’y aurait-il que des avantages à travailler en groupe ?
Le tout, c’est de communiquer. Facile pour nous vu que nous sommes souvent ensemble. Mais paradoxalement, c’est aussi un ris­que car nous pensons savoir ce que les au­tres ont en tête, alors qu’il faut toujours se parler. On fait donc attention. Nous veillons aussi à travailler avec tout stagiaire sur le long terme. Cela apporte du sang frais.

Êtes-vous toujours associés à chacune des étapes de vos projets ?
Nous n’en sommes pas encore à être présents à l’étranger pour vérifier les choses car cela ne fait pas si longtemps que nous travaillons avec des labels internationaux. Dans un produit, il ne faut pas oublier qu’il y aussi tout le travail de l’éditeur. Pour la première fois, nous travaillons en Chine. Nous ne pouvons pas vraiment savoir dans le détail quel résultat donnera cette collaboration, c’est plus difficile à distance. Face à la diversité des éditeurs, je dirais que nous apprenons…

« Le monde du design est encore un club de garçons. » Que pensez-vous de cette citation de la designer slovène Nika Zupanc ?
C’est très intéressant parce que quand je visite une foire de design, j’ai l’impression de n’y voir que des hommes. Au début, chez No­te, j’étais la seule fille. Puis Charlotte est arrivée. Nous parlons souvent de ça ensemble. Si nous nous développons, il faudrait plus de femmes, pour créer un équilibre.

Les produits de Note échappent aux clichés « douceur féminine » vs. « rigueur masculine »…
Exactement. Et je me demande si, pour réussir comme designers, les hommes sont réellement assez combatifs. Je ne sais pas non plus si une femme trouve a priori plus sécurisant d’occuper un poste d’architecte d’intérieur dans un studio. Comme si elle craignait forcément de fonder sa propre structure… En tout cas, il existe des modèles très inspirants, de Patricia Urquiola à Hella Jongerius, que j’adore. Et ceci dit, en Suède, dans le monde du design, il y a beaucoup de femmes !

Avec « Dalslandstugan 2.0. », concours où il fallait inventer la maison qui inciterait les Suédois à construire en région rurale, Note a étendu sa sphère d’influence…
Le Dalsland est une région du nord de la Suède d’où Johannes est originaire. C’est lui qui a milité pour que l’on participe à ce con­cours qui a reçu deux cents candidatures. Il fallait construire la maison près d’un lac, nom­breux dans cette région. Pour ne pas nuire à la beauté des lieux, la nôtre est surélevée. Elle est bleue, à l’opposé du rouge traditionnel des maisons de campagne suédoises. À la fin, nous étions ravis… quoique nous-mêmes un peu intrigués !

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