Rencontre avec le collectif suédois Note Design Studio

Les sept samouraïs de Note Design Studio ont réussi à se faire un nom en un seul tabouret : Tembo (La Chance). Depuis Stockholm, l’équipe phosphore pour d’autres labels européens, de Camper à Sancal. Mais leur univers très graphique est aussi à l’aise avec les « vrais » produits. Pour Cristiano Pigazzini, le stratège maison, et Sanna Wahlin, l’une des trois architectes d’intérieur du collectif, l’esprit des sept est dans chaque projet.

Projet Dalslandstugan 2.0.
Projet Dalslandstugan 2.0. DR

Quand vous collaborez avec les chefs d’Aveqia au projet culinaire « Domestic Science », n’est-ce pas du design mis à toutes les sauces ?
Qui peut tracer une frontière entre ce qui est du design et ce qui n’en est pas ? Pourquoi exclure certaines choses du champ de la discipline ? Étudiante en architecture d’intérieur, je voulais justement créer les conditions d’une expérience totale. Créer un envi­ronnement qui pourrait conditionner ce qu’on ressent. Le design, ce n’est pas que du mobilier…

Pourquoi les designers suédois parlent-ils toujours de leur « petit pays » alors qu’il compte tant dans l’histoire du design ?
Dire « Nous n’avons rien de spécial », alors ça, c’est très suédois ! N’être qu’un au milieu de la foule et rester surtout tous égaux, c’est mê­me typiquement suédois. Quant au côté dur à la tâche, ça vient peut-être du fait que nous sommes un pays aux hivers rigoureux.

Quand Note conçoit une lampe cherchez-vous à faire évoluer cette typologie ?
Nous avons dessiné plusieurs lampes. Au dé­but, c’était en rencontrant de très bons éditeurs, comme Orsjö Belysning pour lequel mes parents et grands-parents avaient déjà travaillé et qui m’était donc personnellement familier. Avec le Belge Per/Use, l’histoire est différente. Le point de départ, c’est un de nos pro­totypes repéré dans une exposition sur le verre. Com­me ce n’était pas un luminaire, nous avons été flattés d’être contactés pour en faire une lam­pe. Son verre soufflé, coloré en dégradé, a d’ail­leurs été compliqué à produire.

Verra-t-on un jour du design partout ?
Difficile à dire… Beaucoup de Scandinaves ont le design inscrit dans leur ADN. Quand je vivais au Danemark, j’ai même été surprise de constater à quel point beaucoup de gens avaient des classiques du design chez eux.

Quand on vous demande ce que vous faites, que répondez-vous ?
Je dis que je suis architecte d’intérieur. Et souvent, les gens répondent : « Oh, c’est ce que j’ai toujours rêvé de faire ! »

Cela veut dire qu’en Suède, tout le monde connaît la raison d’être de Note Design ?
Hum… Mouais, je ne sais pas si les gens savent en quoi consiste réellement mon travail. En Suède, nous avons beaucoup de program­mes télé animés par des « décorateurs » et c’est ça que les gens croient que je fais. Ils n’imaginent pas qu’on place les murs et qu’on organise avant tout l’espace.

Les créations de Note Design parlent-elle aux gens facilement ?
Qu’il s’agisse d’architecture intérieure, de design graphique ou de produits, je pense en tout cas que ce que nous faisons doit être lisible. Il est important d’informer le public sur ce qu’il achète, a fortiori dans un monde aus­si saturé d’objets. Il faut inciter les gens à conserver les objets longtemps. Et puis tout le travail qu’on met dans chaque projet, cela vaut la peine de leur en parler. Les projets, les objets, tout ça, pour Note, ce sont autant d’histoires humaines passionnantes.

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