Singapour crée une passerelle vers l'art

À Singapour, la National Gallery s’est installée dans les bâtiments qui accueillaient la Cour suprême de justice et l’hôtel de ville. Sacré symbole pour ce petit pays qui a fêté les 50 ans de son indépendance en 2015 !

Hier, on y traînait les pieds pour des raisons administratives. Aujourd’hui, on y découvre des peintures, des sculptures et des installations du Sud-Est asiatique couvrant une période allant du XIXe siècle à nos jours. Trait d’union entre les bâtiments mitoyens accueillant autrefois la Cour suprême de justice et l’hôtel de ville, la National Gallery Singapore a ouvert ses portes en novembre 2015. Le voile d’aluminium et de verre qui relie désormais les deux bâtiments brise avec élégance les lignes néoclassiques de leur façade des années 30. Une façon d’apporter un peu de légèreté à cet ensemble imposant qui totalise 64 000 m2, dont 12 000 m2 dévolus aux expositions. Le studio de l’architecte Jean-François Milou, chef d’orchestre de cette transformation, n’y joue pas sa première partition. Présent à Paris et à Singapour, on lui doit, entre autres, la Cité de la mer, à Cherbourg, et le Carreau du Temple, à Paris.

La relecture architecturale par le studio de Jean-François Milou des deux édifices, désormais reliés par un voile d’aluminium et de verre, brise avec élégance les lignes néoclassiques de leur façade des années 30.
La relecture architecturale par le studio de Jean-François Milou des deux édifices, désormais reliés par un voile d’aluminium et de verre, brise avec élégance les lignes néoclassiques de leur façade des années 30. National Gallery Singapore

Pour son intervention dans la cité-État, l’équipe d’architectes a su jouer subtilement avec le passé des lieux : le parquet et la tribune de la salle d’audience, tout comme le bureau du juge et la cellule des prisonniers ont été préservés, mais transformés en salles d’exposition ! Quant au lobby de l’ancien hôtel de ville, son sol noir et blanc a été restauré, bien qu’il semble encore résonner des pas des visiteurs vaquant à leurs démarches administratives. Le parcours des salles, un brin labyrinthique, relève du périple kafkaïen, mais réserve des pauses dans des bars et des restaurants, parmi lesquels Odette, ou dans le jardin du toit-terrasse embrassant la ville. Et, au détour de chaque porte, de belles surprises apparaissent. Car à la riche collection asiatique de 8 000 pièces s’ajoutent des expositions temporaires – dont certaines prévues en collaboration avec le Centre Pompidou et la Tate Britain. Espérons que le passé historique des deux bâtiments épargnera aux œuvres la censure, très sensible dès que pointent les thématiques abordant la religion et la politique.

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