De l’architecture pour l’art à la Solo Galerie

À Paris, la Solo Galerie est un espace où des architectes expriment l’aspect artistique de leur pratique, souvent méconnu, en privilégiant l’expérience de l’œuvre plutôt que le dessin. Une ambition de Christian Bourdais, promoteur des Solo Houses, et Eva Albarran, productrice d’art très en pointe. Explications.

Installations, pavillons, objets d’art, collaborations avec des artistes… Pourquoi privilégier cet aspect du travail architectural ?
Il ne s’agit pas de montrer dessins et maquettes, mais bien de l’art. Ces architectes « auteurs », en plus de construire, réévaluent les matériaux et les concepts préparatoires à leurs réalisations pour créer des pièces non fonctionnelles. Ce parti pris n’existe pas ailleurs. Le déclic a été l’exposition « Sensing Spaces » (2014) à la Royal Academy of Arts, à Londres : des installations monumentales réalisées par sept bureaux d’architectes renommés. À la Solo Galerie, à partir du 4 juin, nous accueillons Bas Princen, photographe qui a documenté un projet comme celui de l’agence OMA de Rem Koolhaas pour la Fondation Galeries Lafayette et qui travaille aussi avec Office, l’agence de Kersten Geers et David Van Severen. Studio Mumbai et Anne Holtrop sont à l’origine des premières expositions de la galerie depuis l’ouverture en octobre 2015 autour du projet Solo Houses (une carte blanche offerte aux architectes pour réaliser une maison secondaire dans un site naturel non loin de Barcelone, NDLR).

Quelle est l’identité artistique de la Solo Galerie ?
L’ensemble des architectes exposés sont réunis par leur réflexion sur l’esthétique et la société contemporaines. Ils s’adressent à la jeune génération. L’agence berlinoise Kuehn Malvezzi présentera bientôt un solo show en plus de son exposition au Centquatre autour du projet « The House of One », qui consiste à créer, à Berlin, une maison de prière et d’étude pour les chrétiens, les juifs et les musulmans.

Comment travaillez-vous avez eux ?
On ne convertit pas les architectes en artistes, on explore leur corpus. Leurs agences sont des machines à créer ! Diffuser ce travail passe aussi par la création de pavillons, à l’image de ceux de la Serpentine Gallery à Londres. À la Biennale d’architecture de Venise, nous présentons une structure de 18 m2 du duo chilien Pezo von Ellrichshausen, qui donnera lieu à une expérimentation spatiale très forte. D’autres structures seront réalisées dans l’espace public avec les architectes que nous défendons : Kersten Geers et David Van Severen, Studio Mumbai…

Qui est votre public ?
Des fans d’architecture et des collectionneurs d’art contemporain, qui sont très sensibles au modèle du pavillon. Notre galerie est une vitrine pour ce type de production, un hub pour vivre autrement l’expérience de l’architecture.

Solo Galerie. 11, rue des Arquebusiers, 75003 Paris.
www.solo-projects.com

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