Rayonnante Marseille !

Boostée par son rôle de capitale européenne de la culture 2013, la ville poursuit la reconquête de sa géographie et de sa topographie, extraordinaires. Ce nouvel éclat porté par des projets architecturaux et urbanistiques de longue haleine en fait une bombe esthétique où s’amuser tout en se cultivant !

Parmi ses objectifs : la destruction des autoroutes défigurant le centre et l’aménagement du boulevard du Littoral, rendu enfin accessible, rebaptisé Euroméditerranée. Là s’inscrivent le FRAC PACA, scintillant de verre, érigé par Kengo Kuma en 2013, la byzantine cathédrale de la Major, du XIXe, signée Léon Vaudoyer, la Villa Méditerranée et le Mucem, joyau en mantille noire édifié par l’architecte installé à Bandol, Rudy Ricciotti. Celui-ci a ainsi peint un tableau magique en alignant le toit du Mucem à hauteur des remparts du fort Saint-Jean, de l’esplanade de la Major et de la ligne basse du Prado. Puis il y a glissé une fine passerelle qui embrasse la côte, mène au fort et, plus loin, au Panier.

Chéri du voyageur, ce quartier historique conserve intacts sa population bigarrée, le parfum sucré salé de ses navettes, ses clubs de boules et son vivier artistique. Le site portuaire de La Joliette, ressuscité, égrène à sa poupe les prestigieux sièges 1930 des compagnies transatlantiques – l’Hôtel de la Marine vient d’ailleurs d’être racheté par un promoteur. À sa proue se déplient les puissants Docks de 365 mètres de long, bâtis par Gustave Desplaces et Paulin Talabot en 1860. Modélisé sur le système calendaire, le bâtiment comporte 7 étages, 52 portes, etc. Réhabilité par les architectes génois 5+1AA, déjà auteurs de la revitalisation des docks de Londres, il a ouvert en octobre 2015. Les Italiens ont creusé des cours, installé 1 kilomètre de vitrage et prolongé la rue centrale, ponctuée de palmiers et de 65 boutiques originales, restaurants, bars ou marchés.

Cette fabuleuse enveloppe s’inscrit face aux Terrasses du Port, tout aussi commerciales et dotées d’une vue dantesque en surplomb du quai du Maroc. Du toit-terrasse, on domine la rade, l’archipel du Frioul, le château d’If, la silhouette noire du siège social CMA CGM, signé Zaha Hadid, et le palais du Faro. En partance, un paquebot glisse le long de la balustrade, happé par l’azur qui s’étire sans fin. Euromed phase 1 va s’achever avec l’implantation en centre-ville de l’Institut méditerranéen de la ville et des territoires (IMVT) – regroupement exemplaire de trois écoles de la région –, de la tour La Marseillaise, de Jean Nouvel, en 2017, et avec l’aménagement du jardin de Ruffi et du parc des Aygalades. Place maintenant à Euromed 2 ! Le plan de 860 millions d’euros continue de libérer le bord de mer via le quartier de Bougainville, la rue de Lyon, la Madrague et son marché aux puces de 200 000 m2, jusqu’à Capitaine-Gèze, futur terminus nord, prévu en 2017, de la ligne 2 du métro. Laure-Agnès Caradec, adjointe au maire, présidente d’Euroméditerranée et de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise, rappelle les contours de l’ambitieux projet : « Il traverse les friches urbaines, les quartiers paupérisés des Crottes, de La Cabucelle et celui du Canet, avec sa gare désaffectée. Le zonage se complique par l’imbrication de tours, de maisons et de jardins très étalés. »

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