Une troisième galerie à Paris pour Kamel Mennour

Kamel Mennour renforce sa présence à Paris en ouvrant une troisième galerie, cette fois-ci dans le VIIIe arrondissement, dans un espace pensé avec la complicité de l’architecte Pierre Yovanovitch. Rencontre.

Pourquoi ce nouvel espace à Paris ?
K.M. : On m’a plusieurs fois invité à réfléchir à ouvrir, comme mes confrères, des galeries à Londres, à Bruxelles ou à New York. Le fait est que les collectionneurs voyagent pour les foires et délaissent les galeries du Marais et de Saint-Germain-des-Prés (où Kamel Mennour est implanté depuis plus de quinze ans avec deux espaces, NDLR). Pour autant, les monographies de nos artistes se multiplient dans les institutions de la rive droite (Nobuyoshi Araki au musée Guimet, et bientôt Camille Henrot au palais de Tokyo, NDLR), et c’est près de celles-ci qu’il m’a paru plus naturel de m’implanter.

Ce nouveau lieu va-t-il revaloriser le rôle des galeries dans vos activités ?
K.M. : On m’identifie comme celui qui produit des projets « hors les murs ». Ce lieu de 100 m2 complète finalement ce type de projets : sa programmation permet de découvrir, presque comme dans un atelier, l’envers des œuvres présentées hors des galeries. Pour l’inauguration, Huang Yong Ping montrait par exemple des maquettes retraçant la genèse de son installation réalisée pour Monumenta, au Grand Palais.

Pourquoi avoir choisi Pierre Yovanovitch comme architecte ?
K.M. : Après l’agence Beckmann N’Thépé pour mes deux autres galeries, je savais que Pierre, ami et collectionneur, allait pouvoir traduire formellement mon souhait : faire de cet espace un cabinet de curiosités contemporain.

Pierre Yovanovitch, en quoi votre passion pour l’art se mêle-t-elle actuellement à votre pratique ?
P.Y. : Notre agence travaille avec Daniel Buren et Tadashi Kawamata. À titre plus personnel, Camille Henrot va faire une fresque dans une chapelle qui m’appartient.

Vous qui avez récemment signé la Patinoire royale à Bruxelles, comment avez-vous appréhendé ce nouveau chantier lié à l’art ?
P.Y. : Depuis la pierre brute au sol, grisée de blanc telle de la glace, à la paroi vitrée de l’escalier transparent… l’architecture est a minima, pour que rien ne trouble la vue des œuvres accrochées. La vitrine, énorme, permet de se projeter dans la galerie depuis la rue, avec l’idée de désembourgeoiser l’art. Dans cet effacement à la fois sophistiqué et ouvert, je trouve que le Louvre-Lens de Sanaa est un exemple.

Kamel Mennour. 28, avenue Matignon, 75008 Paris.
www.kamelmennour.com

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