Vincent Eschalier : comment transformer une ancienne fonderie en 17 lofts tendance

Au cœur du Xe arrondissement de Paris, l’architecte Vincent Eschalier, ancien rugbyman, a transformé une fonderie datant de 1789 en 17 lofts pile dans l’air du temps. De l’adrénaline du sport à celle de l’architecture, il n’y avait qu’un pas.

Diaporama : Vincent Eschalier, Dieu des stades

Si l’époque est aux parcours atypiques et aux vies à tiroirs, certains ont pris de l’avance dès l’enfance. Vincent Eschalier est résolument de ceux-là. Ses années d’école, il les passe dans un pensionnat anglais qui n’a rien à envier au collège Poudlard d’Harry Potter. Avec un accent tout particulièrement porté sur le sport, qui lui donnera le goût de l’effort et des défis. Pas surprenant donc de le retrouver comme espoir sur le banc du Racing Club de France, club de rugby professionnel. Il est plus étonnant en revanche de le découvrir en 2001 sur d’autres bancs : ceux de l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles. L’homme, qui aime les exploits, en ressort diplômé six années plus tard. Certes, à cause du sport, il a redoublé sa deuxième année, mais ça n’est qu’une péripétie du récit.

Étagère « String » de Nils Strinning (Made in Design) et sculpture « Laurent » de Xavier Veilhan (Galerie Perrotin).
Étagère « String » de Nils Strinning (Made in Design) et sculpture « Laurent » de Xavier Veilhan (Galerie Perrotin). Jean-Marc Palisse

Quand l’heure des choix est venue, Vincent penche pour l’architecture… Même si le rugby n’est jamais loin, comme le prouve son projet de fin d’études, en 2007, portant sur le nouveau stade Jean-Bouin, porte d’Auteuil, à Paris. À l’époque, le concours lancé par le Stade français et la Ville de Paris a été remporté par Rudy Ricciotti. Ce projet lui vaudra de ­sortir premier de sa promo, bien sûr. Ce riche parcours lui permet de décrocher son premier job. Répondant à une annonce sollicitant un excellent niveau d’anglais, Vincent Eschalier se retrouve à travailler avec Frank Gehry sur le projet de la Fondation Louis Vuitton ! Six mois aussi merveilleux que complexes qui le mènent ensuite chez le designer australien Marc Newson, avec Sébastien Segers pour la partie architecture. Après deux ans durant lesquels il bonifie son autonomie, le bureau parisien fermant pour s’installer à Londres, l’architecte décide de s’atteler à la conception de mobilier avec le designer Guillaume Delvigne, rencontré chez Marc Newson. L’un de ses premiers chantiers concerne les 1 500 m2 de la galerie parisienne d’Emmanuel Perrotin, lui aussi rencontré chez Marc Newson. Suit une ambitieuse villa au cap d’Agde.

 

Fonceur, Vincent Eschalier ouvre sa propre agence en 2009. Très vite, on le recommande : l’entreprise avec laquelle il a travaillé pour la Galerie Perrotin l’introduit auprès d’un promoteur pour la transformation d’un immeuble de 1 600 m2, rue d’Hauteville, à Paris. Il y crée 17 lofts de 60 à 140 m2. Trois sont illustrés dans notre diaporama. Dans cet immeuble industriel, il a su trouver le juste équilibre entre authenticité historique et réinterprétation du langage haussmannien. Parmi ses projets en cours : la réhabilitation d’une tour à la Défense, un chai en Bourgogne, un hôtel à Paris, la construction de logements dans la capitale et à Boulogne-Billancourt, des écoles primaires, des bureaux haut de gamme dans le quartier de la Bourse… Bref, un calendrier très sportif et une réussite totale pour un jeune architecte dont le style précis ne cesse de séduire.

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