Nouvelle génération : les Albums des jeunes architectes et paysagistes (1/3)

Tous les deux ans, le ministère de la Culture et de la Communication présente ses Albums des jeunes architectes et paysagistes (AJAP). Objectif ? Favoriser l’accès à la commande, souvent difficile pour ces jeunes talents. Découvrez ici les vingt agences de la promotion 2016, en attendant l’exposition que la Cité de l’architecture et du patrimoine leur consacrera au printemps 2017.

 

A-mar Paysage et Urbanisme

Rozenn Duley (36 ans) et Grégory Dubu (40 ans) ont créé A-mar Paysage et Urbanisme en 2012 à Douarnenez (29).
www.a-mar-paysage.fr

Rozenn Duley et Grégory Dubu, de A-mar Paysage et Urbanisme.
Rozenn Duley et Grégory Dubu, de A-mar Paysage et Urbanisme. DR

Pourquoi le paysage ? Le paysage est une discipline complète qui mêle les champs de l’art, de l’histoire, des compétences techniques et une approche spatiale et sensible. Le paysage est le bien de tous et constitue un terreau de réflexions infinies.
Votre rencontre ? En 2000, à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles, où nous étions dans la même promotion. Depuis, nous nous sommes associés, vivons et travaillons ensemble.
Votre projet le plus important ? L’aménagement de deux prairies humides sur la commune de Plouédern, dans le Finistère. Il s’agit d’un projet au budget très restreint et où l’enjeu est de trouver des solutions économiques, inventives et qualitatives pour rendre cet espace naturel accessible au public.
Un projet que vous auriez aimé réaliser ? Le parc de Zollverein, en Allemagne. Cet ancien site industriel de la Ruhr a été transformé en un lieu de culture et de création mêlant nature, patrimoine et architecture contemporaine.
Une date importante pour l’agence ? Les résultats d’Europan 09, en 2007, où nous avons été désignés lauréats du concours pour l’aménagement des anciennes aciéries GIAT à Saint-Chamond, dans la Loire.
Ce que vous défendez ? Nous développons nos projets dans un souci d’économie de moyens au-delà de la mode du développement durable. Issus de la génération low tech et convaincus que chacun peut faire à son échelle un geste pour l’environnement, nous nous attachons à mener des projets où les notions d’économies de moyens et d’énergie tiennent une place primordiale dans le processus de création. Le développement durable doit être avant tout une question de bon sens. Nous nous retrouvons autour de cette phrase de Pierre Rabhi : « L’avenir est dans le génie de la simplicité et l’élégance de la sobriété. »
Un paysagiste que vous admirez ? Jacques Simon, pour son inventivité et sa grande liberté de réflexion et d’action au-delà des cadres conventionnels. Piet Oudolf, pour sa maîtrise du monde végétal et son sens de la composition et de la couleur.
Un rêve ? Que la profession de paysagiste soit reconnue d’utilité publique.

« La Possibilité d’une île », aménagement de la station d’épuration des eaux usées de Vidy-Lausanne, en Suisse (2014).
« La Possibilité d’une île », aménagement de la station d’épuration des eaux usées de Vidy-Lausanne, en Suisse (2014). DR


Buzzo Spinelli Architecture

Isabelle Buzzo (29 ans) et Jean-Philippe Spinelli (29 ans) ont fondé leur agence en 2014 à Paris.
www.buzzospinelli.com

Isabelle Buzzo et Jean-Philippe Spinelli ont fondé leur agence en 2014 à Paris.
Isabelle Buzzo et Jean-Philippe Spinelli ont fondé leur agence en 2014 à Paris. DR

Pourquoi l’architecture ? Pour émouvoir.
Votre rencontre ? Dans un atelier de Luminy, à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille. Notre association incarne un engagement théorique, émotionnel et poétique commun pour notre discipline.
Votre projet le plus important ? La maison des pêcheurs, sur le port de Bonifacio, car il s’agit de notre première commande publique.
Un bâtiment que vous auriez aimé construire ? La chapelle de Frère Nicolas, de Peter Zumthor et l’escalier du roi d’Aragon, à Bonifacio.
Une date importante pour l’agence ? 2016 : les AJAP et la livraison de plusieurs projets.
Ce que vous défendez ? La pérennité de l’architecture.
Un architecte que vous admirez ? Peter Zumthor, Louis Kahn et Claude Parent, que nous avons eu la chance de rencontrer.
Un rêve ? Travailler sur de nouveaux territoires, pour toujours mieux se questionner et se réinventer.

Équipements de la prud’homie de Bonifacio, en Corse (2016).
Équipements de la prud’homie de Bonifacio, en Corse (2016). Serge Demailly


Atelier Amélie Fontaine

Amélie Fontaine (31 ans) a créé son atelier en 2011 à Grand-Fayt (59).
www.atelier-ameliefontaine.com

Amélie Fontaine a créé son atelier en 2011 à Grand-Fayt (59)
Amélie Fontaine a créé son atelier en 2011 à Grand-Fayt (59) Sylvie Fontaine

Pourquoi l’architecture ? Une envie de construire pour les autres, de participer à l’amélioration du cadre de vie. Après des expériences en Chine, en Inde, puis à Paris, sensible aux enjeux de la société, j’ai choisi de déplacer les questionnements de la ville vers la campagne. C’est avant tout une volonté de montrer la richesse des relations humaines et de dévoiler les potentiels du territoire rural.
Votre projet le plus important ? La crèche de Villereau a été l’occasion de déployer une construction bioclimatique passive autour du bien-être de l’enfant et de la pédagogie dans un dialogue complet avec le maître d’ouvrage, depuis la programmation jusqu’au chantier.
Un bâtiment que vous auriez aimé construire ? La maison-atelier en terre crue de Martin Rauch, à Schlins, dans le Vorarlberg (Autriche).
Une date importante pour l’agence ? Septembre 2011 : notre installation en milieu rural, dans le parc naturel régional de l’Avesnois (Nord-Pas-de-Calais). Un retour aux sources.
Ce que vous défendez ? Une triple activité (maîtrise d’œuvre, enseignement et recherche) qui s’articule autour de trois enjeux : l’approche pédagogique de l’architecture et du paysage, l’articulation des échelles d’un projet et l’expérimentation comme méthode de travail et de conception.
Un architecte que vous admirez ? Peter Zumthor, pour sa capacité à déployer une atmosphère qui me touche. Et aussi le paysagiste Gilles Clément, pour son regard sur le végétal et son attitude humaniste.
Un rêve ? Enseigner l’architecture en milieu rural dans un atelier international hors les murs avec un apprentissage sur le terrain par l’expérimentation.

Ferme pédagogique à Rieulay, dans le Nord (2015).
Ferme pédagogique à Rieulay, dans le Nord (2015). DR


Nicolas Dorval-Bory Architectes

Nicolas Dorval-Bory (35 ans) exerce depuis 2008 à Paris.
www.nicolasdorvalbory.fr

Nicolas Dorval-Bory exerce depuis 2008 à Paris.
Nicolas Dorval-Bory exerce depuis 2008 à Paris. DR

Pourquoi l’architecture ? Parce qu’elle permet de répondre à des besoins basiques, avec des solutions basiques. Pour moi, architecture et environnement sont quasi la même chose, il s’agit de l’espace que l’on habite, construit ou naturel, et notre discipline permet tout autant d’analyser que de définir ses propriétés invisibles.
Votre projet le plus important ? Le premier en tant qu’architecte indépendant : l’appartement du réalisateur Wes Anderson à Paris. C’était un projet haut en couleur, au propre comme au figuré. Le second est une médiathèque, premier projet public réalisé à la suite d’un concours, où nous avons pu développer à plus grande échelle les principes importants pour notre bureau : radicalité des espaces et variété des qualités atmosphériques, simplicité et efficacité de la mise en œuvre, ensemble au service d’une générosité de l’architecture.
Un bâtiment que vous auriez aimé construire ? Le Blur Building, de Diller et Scofidio, en Suisse, et la maison Tanikawa, de Kazuo Shinohara, au Japon.
Une date importante pour l’agence ? 2010, année où Raphaël Bétillon (mon ex-associé) et moi avons gagné puis réalisé le projet Paysages en exil, qui a marqué le début de notre association, mon départ d’Argentine, où je vivais à l’époque, et notre installation à Paris.
Ce que vous défendez ? Je crois en une forme de radicalité, de simplicité issue des propriétés atmosphériques précises des espaces. Je crois en une architecture sans message, sans spectacle, dont seules les qualités intrinsèques suffisent à la faire exister. C’est pour moi dans cette confrontation directe au réel, un réel scientifique et intransigeant, que peut naître une architecture audacieuse et essentielle.
Un architecte que vous admirez ? Ils sont très nombreux, mais, en France, je citerais, pour diverses raisons, Claude Parent, Lacaton et Vassal, et Philippe Rahm.
Un rêve ? Construire un observatoire astronomique.

Maison à Kangouni, sur l’île de Mohéli, aux Comores (projet en cours).
Maison à Kangouni, sur l’île de Mohéli, aux Comores (projet en cours). DR

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