A Lyon, Odile Decq fait danser les futurs architectes de l'école Confluence

Une rencontre entre architecture et danse : voilà ce que le chorégraphe lyonnais Davy Brun a proposé en mars lors d’un workshop peu banal offert aux élèves de l’école d’architecture Confluence, créée l’an dernier par Odile Decq. Une alchimie fructueuse et passionnante qui s’est déroulée au Lab’Art du fort du Bruissin, résidence artistique investie par le chorégraphe et sa compagnie en 2016.

Prendre conscience de l’espace et voir comment celui-ci contraint, ou pas, le corps : l’un des nombreux sujets de réflexion qui se présentent aux architectes.
Prendre conscience de l’espace et voir comment celui-ci contraint, ou pas, le corps : l’un des nombreux sujets de réflexion qui se présentent aux architectes. Véronique Mati

Challenge partagé par Monica Klink (4e année), qui reconnaît que ce workshop ne ressemblait en rien à la danse qu’elle avait pratiquée petite fille. « Le moment le plus difficile fut sans doute celui de la création chorégraphique à proprement parler, assure-t-elle. L’idée n’était pas de réaliser une véritable chorégraphie mais plutôt de travailler sur une sensation. J’ai été au début assez gênée de me produire devant des inconnus puis je me suis laissée embarquer, imaginant ce que le spectateur ressentait. Davy Brun nous a fait travailler sans imposer aucune technique, ce qui fait écho à ce que l’école nous enseigne également, c’est-à-dire une certaine innocence par rapport à ce qui est trop calculé, trop cérébral. »

Parmi les créations des élèves de l’école Confluence : une histoire d’amour entre deux humains et un animal dans une salle envahie par la fumée, seul élément immatériel de l’espace.
Parmi les créations des élèves de l’école Confluence : une histoire d’amour entre deux humains et un animal dans une salle envahie par la fumée, seul élément immatériel de l’espace. Véronique Mati

L’architecture imposante du fort a évidemment conditionné le travail de chacun. « Cet atelier a collé avec les grands thèmes abordés à l’école, confirme Arthur Henry (4e année). C’était en outre passionnant de créer une chorégraphie dans un lieu qui n’a pas été conçu pour cela. » Prendre conscience de l’espace, voir comment ce dernier contraint, ou pas, le corps, c’est ce qu’analyse Anouchka Atouvoefoun (3e année). Avec deux autres élèves, sa création consistait à immerger le public dans une pièce plongée dans l’obscurité. « Notre objectif, déclare-t-elle, était de créer une série de semi-événements dans le noir, et donc de travailler sur la liberté du mouvement, sur l’effet de surprise, pour faire découvrir un espace à travers des étapes ludiques, des jeux de lumière, des confettis dispersés par un ventilateur, des bruitages, des projections d’ombres chinoises. Cela dit, le côté ludique de notre création est vite devenu euphorisant pour certains et angoissant pour d’autres. »
« L’idée était d’avoir une perception différente de son corps dans un espace sans repères », confirme ­Patrick de Almeida Lothoz (2e année). La quintessence de ces moments intenses, les étudiants de l’école d’architecture d’Odile Decq ont pu la revivre au sein d’une unique chorégraphie, dirigée de nouveau par Davy Brun et présentée au fort du Bruissin le 25 septembre dans le cadre de la 17e Biennale de la danse de Lyon, qui s’est déroulée du 14 au 30 septembre. Assurément l’un des temps forts du off.

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