Designer inconnu : la couette

Amusante ou méconnue, l’origine de nos objets quotidiens nous fait voyager dans le temps. À travers leur histoire se lit celle des usages et de nos modes de vie. Chronique d’un objet annoncé.

Les couvertures Pendleton ont beau faire de la résistance trendy dans les chambres des hôtels Ace, la couette a indéniablement pris ses quartiers d’hiver sur nos lits. Preuve ultime ? 2017 s’annonce comme l’année de la consécration du hygge, terme danois sur toutes les lèvres qui désigne cette atmosphère de bonheur découlant d’un environnement chaleureux, dont celui de rester au chaud sous la couette. Pour cette dernière, peu importe le garnissage (plumes, duvet d’oie, de canard ou fibre synthétique) et la taille (double ou simple, comme en Allemagne pour une chaleur personnelle, reléguant aux oubliettes l’expression « tirer la couverture à soi »), pourvu qu’on ait la légèreté, le gonflant et la chaleur douce instantanée !

La couette.
La couette. Vincent Poinas

Née sous X, probablement en Chine en l’an 3000 avant J.-C. sous forme de petit édredon de soie, cette alliée de notre sommeil hivernal s’est progressivement imposée dans les pays germaniques et scandinaves à partir du Moyen Âge. Au Danemark, hormis la Princesse au petit pois de Hans-Christian Andersen, qui dormait sur une pile de vingt matelas et édredons, la tradition voulait qu’on offre aux jeunes mariés un sac de toile rempli de duvet d’oie. Si Internet avait existé à l’époque, nul doute qu’une telle pratique serait devenue virale !

Sans l’ombre d’un « like », c’est néanmoins le flair de Terence Conran et l’esprit pionnier d’Habitat, que le designer venait de fonder, qui, en 1964, firent passer ce « 10 seconds bed » (sic) des maisons suédoises aux intérieurs anglais, puis au reste de l’Europe. Une révolution de plumes particulièrement en phase avec le vent de liberté qui soufflait dans le Swinging London des années 60. La photo d’un couple, dont les pieds dépassaient de la couette dans un catalogue Habitat, fit d’ailleurs scandale ! Quelques décennies plus tard, c’est la plumaison à vif d’oies blanches qui a ému et conduit à la mise en place d’une « norme de duvet responsable », qui s’applique aussi aux doudounes, du moins en théorie si l’on en croit l’association « People for the Ethical Treatment of Animals »…

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