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2017 : L'année Lucienne Day

Pour le centenaire de la naissance de la célèbre designer textile britannique, 2017 voit se déployer dans son pays une série d’événements – rééditions, expositions… – retraçant soixante-dix ans de carrière.

Quel avenir pour les étudiantes des écoles de design ? La question se posait déjà en 1919 à l’ouverture du Bauhaus. À l’instar de celui de Charlotte Perriand (1903-1999), l’exemple de Lucienne Day (1917-2010) appelle la comparaison avec le parcours de Ray Eames (1912-1988) ou de Florence Knoll (100 ans en mai prochain). Un constat s’impose : personne ne parle jamais de Ray Eames sans évoquer son mari, Charles. Pour Florence Knoll, c’est différent : elle a dû diriger seule la société de son époux disparu.

Lucienne Day au travail sur des céramiques Rosenthal.
Lucienne Day au travail sur des céramiques Rosenthal. the Robin & Lucienne Day Foundation

Au pays des reines Victoria et Élisabeth II, l’univers de Lucienne Day a toujours été très distinct de celui de son mari. Le designer Robin Day, bien qu’auteur d’une chaise en plastique culte (la Polyprop) ne lui faisait pas d’ombre. Désirée Lucienne Conradi (son patronyme complet) est ainsi devenue la plus grande designer textile du Royaume-Uni.

Réédition par les magasins John Lewis d’une robe dessinée en 1954 par Lucienne Day pour Cavendish Textiles avec le tissu « HC 6236 ».
Réédition par les magasins John Lewis d’une robe dessinée en 1954 par Lucienne Day pour Cavendish Textiles avec le tissu « HC 6236 ». DR

De mère anglaise et de père belge, elle a étudié chez les sœurs. Après une école d’art à Croydon, elle entre au Royal College of Art de Londres où elle rencontre celui qu’elle épousera en 1942. Huit années passent et chacun rencontre le succès professionnel. Lucienne Day a décoré des maisons et dessiné des tissus d’ameublement. Son œuvre culte, le tissu Calyx, est éditée par Heals en 1951, maison pour laquelle elle travaille jusqu’en 1971.

La nature autant que Kandinsky, Miró ou Klee l’inspirent. Comme la Finlandaise Armi Ratia pour Marimekko, Lucienne Day dessine d’abord des robes, puis des tapis, du papier peint, du tissu, des serviettes de table, des verres, de la céramique et des intérieurs. Avec son mari, elle réalise ceux des appareils de la British Overseas Airways Corporation, ancêtre de British Airways.

Serviette Too Many Cooks de Lucienne Day (1959, Thomas Somerset).
Serviette Too Many Cooks de Lucienne Day (1959, Thomas Somerset). the Robin & Lucienne Day Foundation

Les seventies la verront s’intéresser à l’artisanat. Elle devient aussi consultante pour l’enseigne John Lewis, qui lui demande de dessiner les portes de son magasin de Newcastle. Un ami architecte les confond avec des tapisseries. Lucienne Day en conçoit l’idée de mosaïques de soie de très grande taille. Entre 1962 et 2004, elle accumule les distinctions : Royal Designer for Industry, première femme Master de la Faculty of Royal Designer for Industry, Officer of the British Empire… Lucienne et Robin Day disparaissent tous deux en 2010 à quelques mois de distance, âgés respectivement de 93 et 95 ans. Ensemble et séparément, là encore.

Plus d’informations sur robinandluciennedayfoundation.org

T.1998.49

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