À Paris, le chic monochromatique chez Marie de Andreis

C'est au cœur de la capitale, dans le Ier arrondissement, qu'a élu domicile Marie De Andreis, la fondatrice de la marque française de mode enfantine Zef. Son appartement haussmannien a été totalement rénové, puis décoré selon le principe simple mais efficace du contraste entre le noir et le blanc, combinaison aussi éternelle qu'inépuisable.

Diaporama : Le chic monochromatique chez Marie de Andreis

Marie De Andreis (@mariedeandreis) est franco-italienne, mais elle a toujours aimé la vie parisienne. Née à Imola, près de Bologne, elle est installée au cœur de la capitale depuis une quarantaine d’années. En 2003, elle a créé sa propre marque de vêtements pour enfants, Zef, dont la caractéristique principale est l’accent mis sur l’utilisation de matières nobles. « Ethnique parisien » pourrait définir son style bohème qui se décline et s’impose comme une signature. Dans chaque collection, on trouve des peaux lainées, des imprimés indiens uniques et des motifs à étoiles. En outre, une collection mode à l’adresse des femmes a vu le jour récemment. Parallèlement, Marie est responsable du studio Amalfi, un cabinet de conseil en style et direction artistique pour plusieurs maisons parisiennes.

Canapé « Noa » et tapis Maison Sarah Lavoine. « Coffee Table » d’Isamu Noguchi (Vitra). Fauteuil « PK22 » de Poul Kjaerholm (Fritz Hansen). L’œuvre  sur le mur de droite est signée Simon Hantaï. À gauche, la tour Eiffel a été chinée aux puces. Stores Heytens.
Canapé « Noa » et tapis Maison Sarah Lavoine. « Coffee Table » d’Isamu Noguchi (Vitra). Fauteuil « PK22 » de Poul Kjaerholm (Fritz Hansen). L’œuvre  sur le mur de droite est signée Simon Hantaï. À gauche, la tour Eiffel a été chinée aux puces. Stores Heytens. Birgitta Wolfgang - Sisters Agency

Dans un ancien immeuble haussmannien de la fin du XIXe vivent Marie De Andreis, son mari et leurs trois enfants. Le vaste et lumineux appartement de 200 m2 est typique du quartier avec ses doubles portes, son beau parquet en chêne à chevrons et ses moulures. « Nous y habitons depuis deux ans. Notre ancien appartement était trop petit, nous avions besoin d’une chambre supplémentaire », précise Marie De Andreis. Dans le quartier se trouvent des magasins, des galeries et, surtout, le jardin des Tuileries. Les rues bourdonnent. Y flotte une atmosphère très internationale qui s’explique, entre autres, par la présence de plusieurs grands hôtels de luxe. « Nous avons toujours vécu dans ce quartier, je m’y sens vraiment chez moi. J’aime pouvoir aller me promener aux Tuileries, place Vendôme ou dans la rue de Castiglione. Le week-end, il y a le marché Saint-Honoré où j’achète mes fruits et légumes bio », raconte Marie De Andreis.

Marie De Andreis dans le salon familial qui donne sur la cuisine-salle à manger.
Marie De Andreis dans le salon familial qui donne sur la cuisine-salle à manger. Birgitta Wolfgang - Sisters Agency

En matière de décoration, les meubles simples et intemporels et la couleur blanche dominante créent un beau contraste avec les planchers en bois sombre. Les grands canapés profonds conçus par Sarah Lavoine invitent à la détente. La majeure partie du mobilier a été chinée aux puces ou dans les magasins d’antiquités alentour. Ensuite, Marie De Andreis a su marier, dans chaque pièce, différents styles, qu’il s’agisse d’art ou d’objets personnels : « J’ai délibérément choisi des meubles blancs et lumineux, afin de créer un environnement apaisant, que j’ai mélangé à des matériaux nobles tels que le bois et le marbre. Je suis attirée par les matières que je “sens”, sans suivre aucune règle. Le marbre de la salle de bains se répète dans la cuisine à travers la crédence et le plan de travail, mais aussi dans la salle à manger avec la table ovale Tulip d’Eero Saarinen. »

Un fauteuil « RAR » des Eames accueille le visiteur dans le couloir (Vitra). Tapis Maison Sarah Lavoine. Applique des années 70 chinée aux puces de Saint-Ouen. La grande cuisine n’est séparée du couloir que par deux claustras de Jindrich Halabala. Toutes les pièces communiquent, et la cuisine est au centre de l’appartement.
Un fauteuil « RAR » des Eames accueille le visiteur dans le couloir (Vitra). Tapis Maison Sarah Lavoine. Applique des années 70 chinée aux puces de Saint-Ouen. La grande cuisine n’est séparée du couloir que par deux claustras de Jindrich Halabala. Toutes les pièces communiquent, et la cuisine est au centre de l’appartement. Birgitta Wolfgang - Sisters Agency

Avant que la famille ne s’installe, l’appartement a subi une transformation majeure qui a modifié la répartition des pièces. Le mur entre le couloir et la cuisine-salle à manger a été démoli afin de réaliser un grand séjour avec cuisine, épicentre de l’appartement. Un endroit où, finalement, tout le monde aime se retrouver. L’espace est aménagé de façon non conventionnelle, puisque tous les meubles de cuisine sont disposés le long d’un seul mur, une manière de les fondre dans le décor. « Nous recevons souvent des amis et de la famille, et c’est très agréable que les pièces soient ouvertes les unes sur les autres. Nous passons autant de temps autour de la table à manger que sur les canapés moelleux du salon », confirme la maîtresse des lieux.

L’illustre « Nu provençal » de Willy Ronis. Devant, main articulée qui sert de baguier (Maison de Famille).
L’illustre « Nu provençal » de Willy Ronis. Devant, main articulée qui sert de baguier (Maison de Famille). Birgitta Wolfgang - Sisters Agency

La salle de bains est neuve, tout en marbre, et l’un des endroits préférés de Marie, du fait de ses multiples fonctions : « Pour la salle de bains, nous avons dû penser différemment, afin d’utiliser l’espace au mieux. La solution se révèle très originale, puisque le dressing et le bureau sont des extensions ouvertes de la salle de bains, suivant le principe du “tout-en-un”. » Parce que de toutes les pièces émane une atmosphère bien particulière, Marie De Andreis a réussi à créer une maison unique, inondée de lumière provenant des nombreuses ouvertures. Un appartement magique donnant sur les toits de Paris…

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