Couleurs contemporaines à Paris Photo

L’affiche de cette 21e édition de Paris Photo, haute en couleur, donne le ton. Si, avec 190 exposants et 30 pays représentés, la première foire mondiale dédiée au médium photographique aligne les grandes galeries comme Fraenkel, Gagosian ou Xippas, elle met d’abord en avant la diversité et les œuvres des artistes. L’occasion pour IDEAT de partager ses coups de cœur en exclusivité. Une sélection plaisir avant tout. Rendez-vous au Grand Palais du 9 au 12 novembre.

Thomas Demand – Galerie Tanit
Thomas Demand s’est d’abord consacré à la sculpture avant d’embrasser la photographie, médium avec lequel il joue afin d’immortaliser ses maquettes en papier, qu’il détruit par la suite. Passionné d’histoire, il s’est fait connaître en reconstruisant notamment le bunker d’Hitler, ainsi que par Tunnel, une vidéo qui évoque l’accident de la princesse Diana. Dans l’univers de Thomas Demand, les lieux revisités résonnent toujours d’une actualité trouble. Couleurs ternes, matériaux uniformes, le résultat livre un monde artificiel. On s’interrogera dès lors sur ces plongeoirs exposés sur le stand de la Galerie Tanit de Beyrouth.

The complete papers (2017) – Galerie Tanit.
The complete papers (2017) – Galerie Tanit. Thomas Demand

Ed Van der Elsken – Annet Gelink Gallery
Il a eu les honneurs du Jeu de paume au printemps dernier avec une rétrospective ambitieuse. Pour les amateurs et collectionneurs, Paris Photo est l’occasion de revoir ou de découvrir d’autres images d’Ed Van der Elsken, cette fois-ci sur le stand de la galerie Annet Gelink d’Amsterdam. S’il est plus connu pour ses noir et blanc, le photographe néerlandais (1925-1990) – célèbre pour son ouvrage publié en 1956, Love on the Left Bank, autour de sa rencontre avec la jeunesse en perdition de Saint-Germain-des-Prés – a pourtant réalisé de magnifiques tirages en couleurs avec ses deux vraies jumelles aux taches de rousseur flamboyantes (ci-dessous).

« Jumelles, Belgique », 1968, exposé à Paris Photo par la galerie Annet Gelink d’Amsterdam.
« Jumelles, Belgique », 1968, exposé à Paris Photo par la galerie Annet Gelink d’Amsterdam. Ed van der Elsken

Paul McCarthy -Julian Sander
On connaît plus l’artiste Paul McCarthy pour sa capacité à réaliser des installations provocatrices, dénonçant le plus souvent la société des loisirs américaine, que pour sa production photographique. C’est pourtant par la photographie et la vidéo qu’il a entamé sa carrière après des études à l’université de Californie du Sud. On découvre avec curiosité sur le stand de l’arrière-petit-fils d’August Sander, Julian Sander, ce très beau tirage de McCarthy (ci-dessous) réalisé en 1971. Aucune provocation dans cette vue urbaine plutôt classique où les couleurs et la composition rappellent les univers de l’Américain Stephen Shore.

May 1 (1971) – Julian Sander.
May 1 (1971) – Julian Sander. Paul McCarthy

Deborah Turbeville  – Staley-Wise Gallery
Elle fut la seule femme qui révolutionna la photographie de mode parmi les Guy Bourdin et autres Helmut Newton. Deborah Lou Turbeville (1932-2013) resta marquée par une enfance solitaire, élevée dans une famille aristocrate de la Nouvelle-Angleterre où, encouragée par sa mère, elle développa très tôt son refus des conventions. Dans les années 70, propices à tous les possibles, elle se singularise par une approche nouvelle et personnelle de la photographie de mode. Ses femmes vaporeuses en turbans avec des visages de madone comptent parmi les icônes du genre. Même lorsqu’elle les photographie en maillots très golden years (ci-contre), elle arrive toujours à en isoler une, lascive et pensive.

Bath house, New York, Vogue (1975) – Staley-Wise Gallery.
Bath house, New York, Vogue (1975) – Staley-Wise Gallery. Deborah Turbeville

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