40 ans de Beaubourg : dix mois de fête à la Galerie Party

Sur la mezzanine de l’espace enfants du Centre Pompidou, les designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard, du studio GGSV, reçoivent les 3-10 ans dans un extravagant décor de jeux. Rempli d’accessoires, il se révèle un vrai labo ludico-culturel. Une belle métaphore du Centre qui fête ses 40 ans.

Extravagant, drôle, esthétique, graphique, référencé : c’est la ligne directrice conçue et suivie par les designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard pour la Galerie Party afin d’immerger totalement les enfants dans leur décor onirique. Pour être à la hauteur des 40 ans du Centre Beaubourg, ils voulaient bien davantage qu’un simple miniparc de loisirs. C’est pourquoi, le couple s’est inspiré de deux personnages inventés, Gellaé et Séphante, pour élaborer leur scénographie.

À la Galerie Party, au Centre Pompidou, les enfants découvrent le jardin fantastique imaginé par les designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard du studio GGSV.
À la Galerie Party, au Centre Pompidou, les enfants découvrent le jardin fantastique imaginé par les designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard du studio GGSV. Michel Giesbrecht

Faisant partie des murs, on dit que ces deux-là auraient construit le lieu en récupérant des éléments architecturaux de Beaubourg et en puisant dans la collection d’art moderne… Les minots visiteurs s’engagent dans le jardin tapissé d’une moquette façon Memphis. Un édicule vert pistache, entre fontaine et gâteau d’anniversaire, trône devant l’entrée. Toute la journée, les enfants, géniaux curateurs d’un jour, dressent une installation permanente en y posant leurs œuvres.

La Galeroom de la Galerie Party au Centre Pompidou à Paris.
La Galeroom de la Galerie Party au Centre Pompidou à Paris.

Pour ce faire, GGSV a confectionné toute une famille d’éléments de jeux en mousse, sculptés à la main. Bouts, tubes, nœuds ou bases, ces objets rendent hommage à Dali, Magritte, Buren, Raynaud ou Pesce. Tout s’assemble, s’enchâsse ou se visse pour donner naissance à de singulières créations. À peine arrivés, les parents s’y mettent aussi. La « Galeroom », maisonnette mi-Jean-Pierre Raynaud, mi-Memphis, construite à la taille des petits explorateurs, leur fait découvrir, comme dans une galerie, les objets qu’ils ont manipulés.

A l’intérieur de la « Galeroom », les petits explorateurs découvre les objets qu’ils ont manipulés dans un environnement galerie.
A l’intérieur de la « Galeroom », les petits explorateurs découvre les objets qu’ils ont manipulés dans un environnement galerie. Michel Giesbrecht

L’entrée dans la rotonde gonflable étonne, d’autant que sous nos pieds se projette, sur un véritable écran-dance-floor, l’image animée des objets imaginés par GGSV. Il est troublant de voir à quel point ils ont réussi pour les enfants ce qui est très recherché dans le décor des boutiques de mode, voire des fashion shows en quête d’images « instagrammables ». En attendant, avec un naturel confondant, les Noé et les Zoé de 2017 s’ébattent sur le sol du dance-floor comme des miniperformeurs désinhibés.

Sous la structure gonflable, la discothèque pour petit… Le répit après tant de création.
Sous la structure gonflable, la discothèque pour petit… Le répit après tant de création. Michel Giesbrecht

La Galerie Party n’est pas pour autant un endroit où l’on court en criant. Les enfants sont trop occupés à créer. À partir du 9 septembre et jusqu’au 8 janvier 2018, même décor mais nouveau jeu, pensé par l’artiste chinois Liu Bolin. Sa consœur, la Française Morgane Tschiember, reprendra le flambeau du 20 janvier au 5 mars 2018. Une folie qui « déménage »? Mieux que ça, la Galerie Party intégrera les collections du Centre Pompidou.

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