Rive Gauche : atmosphère cinétique chez Yumiko Seki

De son appartement de la rive gauche, l’auteure, traductrice et conseillère en communication Yumiko Seki a entièrement supervisé la rénovation. Un effort particulièrement important a été porté sur la lumière, jusqu’à faire de cet espace décoré d’icônes du design une œuvre d’art totale.

« J’ai également habité la rive droite, mais j’ai toujours aimé ce côté-ci de la Seine, raconte Yumiko Seki. Dans le choix d’un lieu de vie, l’exposition est capitale, mais ce qui me paraît plus important encore, c’est l’orientation de la rue. Elle détermine l’ambiance générale. » Dans ce bel espace aux murs blancs dans lequel domine la lumière du jour, le parquet Versailles en chêne contraste avec l’accent contemporain de cet appartement.

Yumiko Seki dans son salon.
Yumiko Seki dans son salon. Didier Delmas pour IDEAT

L’autre détail qui concourt à l’originalité de cet intérieur tient aux plafonds, dont les corniches lumineuses ont été créées par Éric Michel et Akari-Lisa Ishii, artistes de la lumière. « Avant le début de la rénovation, j’ai réalisé une foule de croquis et de maquettes, explique Yumiko Seki, et j’ai dessiné l’intérieur de tous les placards ainsi que l’aménagement des meubles de la cuisine. L’espace a été conçu en fonction des pièces d’art. Ce sont elles qui ont donné la tonalité générale. »

Autour d’une table de salle à manger de Pucci De Rossi (2002), chaises Méribel avec assise en paille de Charlotte Perriand (1950) (Galerie Downtown-François Laffanour). Sur la table, vase Puppy de Jeff Koons. Au fond, console en marbre de Carrare réalisée sur mesure (Studio Scandinave). Applique de Serge Mouille. À gauche sur le mur, toile Currency Wars, Euro 5 old de l’artiste chinois Xu Qu (Almine Rech Gallery). Parquet Versailles (Bohemian Works).
Autour d’une table de salle à manger de Pucci De Rossi (2002), chaises Méribel avec assise en paille de Charlotte Perriand (1950) (Galerie Downtown-François Laffanour). Sur la table, vase Puppy de Jeff Koons. Au fond, console en marbre de Carrare réalisée sur mesure (Studio Scandinave). Applique de Serge Mouille. À gauche sur le mur, toile Currency Wars, Euro 5 old de l’artiste chinois Xu Qu (Almine Rech Gallery). Parquet Versailles (Bohemian Works). Didier Delmas pour IDEAT

Pour l’agencement intérieur, la propriétaire s’est rapprochée de l’architecte suédois Mikael Klatzkow qui a pris en charge l’ensemble du gros œuvre. Passionnée par les créations de lumières, mais adorant aussi cuisiner, elle a ouvert la cuisine sur le salon et en a fait un espace contemporain et convivial avec des astuces de rangement originales, comme un porte-bouteille mural. Au mur de cette même pièce, un tableau signé Xu Qu, œuvre géométrique réalisée à partir d’un détail de billet de cinq euros, dialogue avec le diptyque de photos de Frank Perrin représentant un paysage architectural fictif constitué d’éléments (des représentations d’édifices par exemple) prélevés sur des petites coupures du monde entier.

Dans l’entrée, trois tabourets africains. Sur le radiateur, vase d’Andrea Branzi. Au-dessus, photo extraite de la vidéo Atomic City de Frank Perrin. Au fond, miroir Ultrafragola d’Ettore Sottsass (Centro Studi Poltronova). À gauche, chaise Picnic de Junya Ishigami (Living Divani). Au mur, photos Ruins Post Capitalism de Frank Perrin.
Dans l’entrée, trois tabourets africains. Sur le radiateur, vase d’Andrea Branzi. Au-dessus, photo extraite de la vidéo Atomic City de Frank Perrin. Au fond, miroir Ultrafragola d’Ettore Sottsass (Centro Studi Poltronova). À gauche, chaise Picnic de Junya Ishigami (Living Divani). Au mur, photos Ruins Post Capitalism de Frank Perrin. Didier Delmas pour IDEAT

Avec un subtil sens des proportions et des couleurs fondues, Yumiko Seki a également disposé du mobilier venant de l’une de ses vies passées : grand miroir lumineux d’Ettore Sottsass, fauteuil de Jean Royère, table de Pucci De Rossi, tables basses de Ron Arad, pièces uniques de Junya Ishigami, chaises de Pierre Jeanneret ou Charlotte Perriandqui s’était initiée à l’esprit de l’artisanat japonais dès 1940.

Sur la cheminée, vases Testa de Pucci De Rossi et, sur la table basse, un autre de Gaetano Pesce. Au mur, deux portraits de Yumiko de Maurice Marty. Fauteuil de Jean Royère.
Sur la cheminée, vases Testa de Pucci De Rossi et, sur la table basse, un autre de Gaetano Pesce. Au mur, deux portraits de Yumiko de Maurice Marty. Fauteuil de Jean Royère. Didier Delmas pour IDEAT

Née à Tokyo, Yumiko Seki s’est installée en France en 1982 et parle un français impeccable. Après des études littéraires, elle devient interprète et se passionne pour le cinéma. Elle travaille alors au bureau parisien de la chaîne de télévision japonaise NHK, réalise des reportages et des documentaires sur des sujets culturels et sociaux. Et, depuis, cette joueuse dilettante de piano jazz s’intéresse à d’autres domaines d’expression, comme l’aquarelle, qu’elle a longtemps pratiquée pendant ses vacances et qu’elle poursuit désormais avec une passion soutenue. 

Dans la chambre de Yumiko Seki, bureau et fauteuil Base Building Chandigarh de Pierre Jeanneret. Au mur, photo La Clairière de Tom Fecht (Galerie Downtown-François Laff anour). Sur l’étagère, objets en argent et en bois d’Andrea Branzi. Au premier plan, sculpture mouton de François-Xavier Lalanne.
Dans la chambre de Yumiko Seki, bureau et fauteuil Base Building Chandigarh de Pierre Jeanneret. Au mur, photo La Clairière de Tom Fecht (Galerie Downtown-François Laff anour). Sur l’étagère, objets en argent et en bois d’Andrea Branzi. Au premier plan, sculpture mouton de François-Xavier Lalanne. Didier Delmas pour IDEAT

Sa première exposition a eu lieu en avril dernier dans un espace d’art du quartier chic de Ginza, à Tokyo. Aussi férue d’écriture, elle a publié en 2005 son premier roman, Chaud-froid, aux éditions Jean-Claude Lattès, inspiré de sa rencontre avec la culture française. Un rayon de lumière du soleil levant en somme.

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