Hype Area : Copenhague centre, un quartier capitale

Contrairement à la plupart des capitales, où il faut s’éloigner du cœur historique pour prendre un bain de hype, le centre de Copenhague cristallise les initiatives créatives et les politiques d’urbanisme ambitieuses. Visite.

Depuis quelques années, Copenhague accapare régulièrement la première place du classement mondial des villes où il fait bon vivre. Si l’on excepte le design et la cuisine, ce sacre récurrent repose bien évidemment sur l’engagement écologique de la capitale danoise, qui vise une empreinte carbone neutre en 2025. Cerise sur le smørrebrød (ces petites tartines que l’on déguste partout…) : l’eau est si propre que l’on peut se baigner en ville, notamment à Islands Brygge. Ceux qui en doutent n’ont qu’à observer sa transparence depuis le pont constitué de cinq plateformes circulaires conçu en 2015 par Olafur Eliasson et implanté face au Diamant Noir, la bibliothèque royale danoise.

Le Cirkelbroen, pont signé Olafur Eliasson à Copenhague (2015).
Le Cirkelbroen, pont signé Olafur Eliasson à Copenhague (2015). Photo DR

« Le Cirkelbroen rend la mer plus proche et encourage les citoyens à réduire la vitesse et à prendre un moment de pause. J’espère qu’il deviendra un nouvel espace urbain, un lieu de rencontre pour se retrouver en ville, faire du vélo, se promener ou faire du jogging tout au long des canaux », affirmait l’artiste danois lors de son inauguration en 2015. Il est vrai que à Copenhague, dans cette capitale à taille humaine, la culture du vélo semble aussi innée que le dessin d’une chaise iconique ou la cuisine à base de produits locaux, ce qui n’est pas peu dire.

A Copenhague comme à Amsterdam, le vélo est roi…
A Copenhague comme à Amsterdam, le vélo est roi… Filippo Bamberghi

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 450 km de pistes cyclables urbaines sur lesquelles, aux heures de pointe, matin et soir, les feux de circulation sont synchronisés avec la vitesse des vélos (20 km/h). Autre indice green qui ne trompe pas : seuls 29 % des habitants possèdent une voiture, selon le site VisitDenmark, et 56 % se servent de leur vélo quotidiennement. Certes, à l’exception de rares marques spécialisées dans les bolides de niche, comme Zenvo, le Danemark n’a pas de constructeur automobile généraliste national, ce qui réduit considérablement le pouvoir des lobbys et rend, de facto, les rues plus silencieuses et respirables.

Le pont Inderhavnsbroen.
Le pont Inderhavnsbroen. Filippo Bamberghi

Mieux, les infrastructures suivent puisque, en une décennie, treize ponts ont été construits en pleine ville. Depuis l’été 2016, Inderhavnsbroen, nouveau pont pour piétons et cyclistes au nom imprononçable, aux parapets jaunes, verts et turquoise, relie ainsi Nyhavn (le canal creusé au XIIsiècle pour permettre aux marchands de transporter directement les denrées au cœur de la cité) à Christianshavn.

L’Appollo Bar & Kantine propose des plats du marché dans un décor soigné.
L’Appollo Bar & Kantine propose des plats du marché dans un décor soigné. Filippo Bamberghi

À une extrémité de ce chef-d’œuvre d’ingénierie, un canal de carte postale avec alignement de petites maisons multicolores fait face au bâtiment en brique rouge de la Kunsthal Charlottenborg. Dans cette extension du Palais royal qui abrite l’Académie des beaux-arts et accueille des expositions temporaires, Frederik Bille Brahe, le jeune et brillant chef du Café Atelier September, qui vient par ailleurs de collaborer avec Mette Hay pour la collection « Hay Kitchen Market », a ouvert fin avril l’Apollo Bar & Kantine : des plats du marché à 6 € à se damner, cuisinés avant tout pour les étudiants, mais accessibles à tous, et un bar-restaurant sur cour pavée où il n’est pas rare de croiser le photographe péruvien Mario Testino. À l’autre extrémité du pont Inderhavnsbroen attend une île urbaine avec quarante food trucks garés à l’année dans un ancien entrepôt de stockage de papier, juste à côté du showroom &Tradition.

Gastronomie danoise…
Gastronomie danoise… Filippo Bamberghi

À peine plus loin siège le restaurant 108, ouvert par Kristian Baumann. Cet ex-second de René Redzepi – le chef qui a placé Copenhague en orbite culinaire avec son Noma – peut s’enorgueillir d’avoir déjà raflé pour le 108 une étoile au guide Michelin après à peine un an d’existence. Et d’avoir confié la création des couverts au studio de design local Table Noir, renforçant la « pollinisation » croisée entre food et design.

Le restaurant 108.
Le restaurant 108. Filippo Barmberghi / Photofoyer

En attendant l’ouverture programmée en février du futur Noma 2.0 dans une ferme urbaine en lisière du quartier libre et autogéré de Christiania, René Redzepi a installé tout l’été, sous le pont de Knippelsbro – soit à moins de 500 mètres de la place Kongens Nytorv et du temple du design danois qu’est le grand magasin Illums Bolighus –, un restaurant pop-up baptisé sobrement Under the Bridge. On lui doit aussi depuis peu la création de l’application Vild Mad, permettant d’identifier tout ce qui est comestible dans notre environnement quotidien, villes incluses.

Dans le Design Museum, les trésors nationaux…
Dans le Design Museum, les trésors nationaux… Filippo Bamberghi

Une invitation au jeu de piste version IIIe millénaire, disponible sur les plateformes mobiles de Google et d’Apple, à télécharger avant de décoller pour se sentir un peu plus local, cela va de soi ! Une certitude : Copenhague a beau être un sanctuaire de design 50’s, comme le prouvent notamment les hôtels Radisson Blu Royal et Alexandra, l’innovation et la créativité s’y épanouissent aujourd’hui plus que jamais.

L’hôtel Alexandra à Copenhague.
L’hôtel Alexandra à Copenhague. Filippo Barmberghi / Photofoyer

Y ALLER

Air France et SAS desservent Copenhague depuis Paris-CDG à partir de 50 l’aller simple. Autres informations : Visitdenmark.fr et Visitcopenhagen.com.

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