IMM Cologne : à la découverte de tendances 2018

Jusqu’au 21 janvier, le salon IMM Cologne permet de prendre le pouls des éditeurs allemands et de leurs concurrents internationaux. IDEAT a pu constater un bon état général du corps du design, ni en surpoids baroque ni en anorexie arty…

Il est facile – mais parfois hélas justifié – de se moquer des journalistes de design qui, après leur tour des allées d’un salon, vous recrachent aussi sec la tendance à venir. Alors après avoir arpenté les travées du salon IMM, on va essayer de vous livrer des impressions… qui deviendront sans doute des tendances au salon de Milan en avril !

Canapé Freistil 132 du collectif valencian Yonoh (Rolf Benz).
Canapé Freistil 132 du collectif valencian Yonoh (Rolf Benz). rolf benz

Ce qu’on peut dire, en termes de dominante générale, c’est que le style contemporain feutré aux couleurs apaisantes – un genre venu de Scandinavie – est en train de se généraliser. Mais attention, on est loin de l’uniformité ennuyeuse ! A Cologne, les designers de tous les pays sont unis dans la rage de se distinguer par la pertinence de solutions simples et harmonieuses.

Charriot à roulettes Grace de Sebastian Herkner (Schönbuch).
Charriot à roulettes Grace de Sebastian Herkner (Schönbuch). schönbuch

A Cologne – c’était aussi patent qu’épatant – deux couleurs étaient en vedette : le bleu profond, entre nuit et marine, une couleur qui était présente sur le plastique d’une table roulante aussi bien que sur le bois d’une icône du design.

Fauteuil Botolo de Cini Boeri (Arflex), désormais disponible en bleu nuit.
Fauteuil Botolo de Cini Boeri (Arflex), désormais disponible en bleu nuit. DR

Mais la vraie couleur star de cet IMM, c’est le fameux ton « nude » des maquilleurs, cette couleur de fond de teint, entre chair et rose orangé. Une teinte qui donne une impression de réconfortante douceur quand elle habille de velours un canapé ou un pouf, voire une étagère de métal.

Etagères Lilu couleur « nude » de Christian Werner (Interlübke).
Etagères Lilu couleur « nude » de Christian Werner (Interlübke). DR
Tapis Bliss de l’Hollandaise Mae Engelgeer (cc Tapis).
Tapis Bliss de l’Hollandaise Mae Engelgeer (cc Tapis). DR

Ce bleu très chic et ce rose poudré étaient donc récurrents chez les éditeurs allemands. On remarquait aussi comment certaines maisons européennes venues à Cologne adaptaient leur ADN par la scénographie de leurs stands afin de convaincre et de séduire un public entre Allemagne et Benelux. Pas austères pour un sou, ces stands affichaient un style plutôt orné, voire un poil baroque.

Coiffeuse de l’exposition Das Haus, la maison idéale vue par la designer Lucie Koldova.
Coiffeuse de l’exposition Das Haus, la maison idéale vue par la designer Lucie Koldova. DR

Néanmoins, certaines maisons allemandes ne craignent pas la concurrence. D’une simplicité qui les rend chaleureuses car de toute façon, qu’on soit chez ClassiCon ou e15, la fabrication est toujours de grande qualité.

Jeu de tables basses Bow du Brésilien Guilherme Torres pour ClassiCon.
Jeu de tables basses Bow du Brésilien Guilherme Torres pour ClassiCon. Classicon

Ceci dit, l’un des grands intérêts de l’IMM Cologne, c’est que dès l’ouverture des portes, certains clichés tombent. On pense facilement à la rigueur et la qualité du design allemand : outre-Rhin, il y a aussi, comme partout, quelques hommages qui ressemblent à des copies et des prototypes à la finition incertaine. Mais il en faudrait bien plus pour écorner aussi bien le colossal volume d’affaires qui se fait à l’IMM Cologne que le plaisir qu’on prend à se balader dans ses allées.

Chaise 118 de Sebastian Herkner, sa première chez Thonet.
Chaise 118 de Sebastian Herkner, sa première chez Thonet. Thonet

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