Interview : Isabelle Daëron, la designer qui réconcilie la ville et la nature

Alors que ses nouvelles vitrines pour Hermès sont dévoilées cette semaine, la designer Isabelle Daëron impressionne par la diversité de ses champs d’actions. Du design urbain à la scénographie, en passant par la recherche, elle parvient à poursuivre une réflexion singulière sur l’espace public, les flux naturels et leur interaction.

 

Depuis deux ans, vous réalisez également des vitrines pour Hermès. Comment est née cette collaboration ?
C’est Hermès qui m’a directement contactée suite à une de mes expositions au centre d’art de Kitakyushu. J’ai débuté avec les vitrines du siège japonais où j’ai interprété le thème imposé de la nature au galop. Un projet qui illustre les différents états de l’eau et leur importance dans le processus de fabrication des objets de la marque. Plus récemment, pour la réouverture d’une boutique à Shinjuku, je me suis servi de rouleau de papiers colorés pour donner vie à une sorte de cérémonie étrange, autour d’un feu, où les objets deviennent des personnages ou des esprits. Cette année, j’ai aussi  eu la chance d’être choisie pour réaliser les vitrines d’une trentaine de boutiques françaises, dont celle de l’avenue Georges V.

Comment articulez-vous cet exercice avec celui du design urbain ?
Le point commun, c’est l’espace public car les vitrines en font aussi partie. L’enjeu est de raconter une histoire de manière compréhensible visuellement parlant. Au fond, peu importe le projet, je ne pense pas que travailler dans l’espace public doive obliger à produire des objets ou des dispositifs froids et qui ne racontent rien.

Causeuse « Memorama » pour France Alzheimer.
Causeuse « Memorama » pour France Alzheimer. Eric Garault

Pourrait-on vous imaginer dessiner du mobilier domestique ?
Pour moi, faire du mobilier a un intérêt lorsque cela à un sens et que le projet est connecté à un contexte. Pour l’association France Alzheimer, j’ai conçu une causeuse qui offre une assise pour deux. Elle raconte l’engagement de l’association et rappelle qu’il y a trente ans, les antennes locales étaient avant tout des espaces de rencontres et d’échanges pour les malades, les aidants et les bénévoles.

Et aujourd’hui, quels sont vos projets ?
Nous travaillons actuellement pour une autre association, une ONG japonaise qui intervient sur les sites de catastrophes naturelles et mène des actions en faveur des chiens abandonnés au Japon (environ 170 000 chiens et chats sont abandonnés et euthanasiés par an). L’idée est là encore de traduire leurs actions par le design. Nous avons imaginé trois dispositifs à partir de cordes, à la fois outils de sauvetages et symboles du lien. Ces installations seront ensuite intégrées dans un parc au cours de l’année.

Thématiques associées

The good concept store La sélection IDEAT